Nantes : Piste allongée, couvre-feu… La réponse « sobre » de l’Etat pour réaménager l’aéroport

AEROPORT Le secrétaire d'Etat aux transports Jean-Baptiste Djebbari a annoncé les décisions du gouvernement quant à l'avenir de l'infrastructure

Julie Urbach

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L'aéroport Nantes-Atlantique, en avril 2019
L'aéroport Nantes-Atlantique, en avril 2019 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Après l'abandon du transfert, suivi de la concertation publique, le projet de réaménagement de Nantes-Atlantique est connu.
  • Allongement de la piste, couvre-feu, maintien de l'aérogare... Le point sur les choix de l'Etat.

Ses conclusions étaient très attendues. Plus d’un an et demi après l’abandon du transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes, et après l’étape de la concertation publique, l’Etat a dévoilé ses choix quant au réaménagement, qualifié de « sobre », de l’aéroport Nantes-Atlantique. Une palette de 31 mesures a été présentée ce lundi après-midi par le secrétaire d’Etat aux transports Jean-Baptiste Djebbari. Ce qu’il faut retenir de ce projet a minima.

La piste allongée de 400m

Entre mes quatre scénarios à l'étude, c’est donc l’option de l’allongement de la piste qui a été retenue. « L’objectif est de réduire les nuisances et non d’accueillir des appareils plus gros », a assuré le secrétaire d’Etat, qui parle d’un choix permettant aux avions de voler plus haut tout en limitant l’impact foncier. Dans les faits, la piste sera en fait reculée de 650m au sud. Malgré son rapprochement du lac de Grandlieu, elle aura un « impact environnemental limité », assure l’Etat.

Un couvre-feu nocturne

Deuxième grande mesure, la mise en place d’un couvre-feu de nuit entre minuit et 6h pour toutes les compagnies aériennes (entre 22h et 6h pour les avions les plus bruyants). L’interdiction des vols de nuit, demandée de longue date par les maires de l’agglomération, pourrait intervenir dès 2021. Les compagnies sont déjà invitées à « faire part de leurs engagements volontaires » d’ici à cette date.

D’autres mesures pour les riverains

Un droit de délaissement exceptionnel a été décidé afin de permettre aux habitants les plus exposés de vendre leur logement à l’Etat. Le prix ne prendra pas en compte la dépréciation du bien induite par l’abandon du transfert, assure le gouvernement. Des aides complémentaires au plan de gêne sonore à l’insonorisation seront accessibles aux riverains qui resteront. Un fonds de compensation devrait quant à lui être doté de 15 millions d’euros. Des annonces qui ne semblent cependant pas satisfaire les riverains et les élus.

Le centre-ville de Nantes préservé ?

Les procédures d’approche des avions (qui doivent encore être validées) définies par l’Etat préserveraient clairement le centre-ville de Nantes : la trajectoire désaxée (l’actuelle, qui passe plutôt à l’Est de la ville) serait finalement conservée lors des jours de beau temps. Mais dans des conditions météorologiques moins favorables, et pour améliorer la sécurité, les avions seront dotés d’un système de guidage vertical (les fameux ILS) qui les obligera à voler dans l’axe de la piste et donc à survoler le centre-ville, en plein milieu. « Mais l’angle de la pente sera augmenté ce qui permettra aux avions d’atteindre plus de 100m d’altitude au-dessus de Nantes », assure Jean-Baptiste Djebbari.

Le futur aménagement de Nantes Atlantique
Le futur aménagement de Nantes Atlantique - ministère de la transition écologique

L’aérogare maintenue mais réaménagée

Alors qu’une option proposait la construction d’une nouvelle aérogare à l’ouest de la piste, l’Etat a choisi de maintenir l’actuelle et de réaliser des aménagements. « L’aéroport sera dimensionné pour permettre l’accueil de 11,4 millions de passagers par an à l’horizon 2040 », écrit le rapport du gouvernement. L’hypothèse de créer deux terminaux différents, dont un réservé aux compagnies low cost, a elle aussi été rejetée encore une fois pour « limiter le bilan foncier ».

Quel calendrier ?

Les travaux de réaménagement, estimés à 500 millions d’euros, pourraient démarrer à la fin de l’année 2021 (et jusqu’en 2025), une fois le futur concessionnaire connu. « Les travaux nécessiteront une immobilisation de la piste entre trois ou quatre semaines. L’exploitant devra trouver une solution pour assurer la continuité », avance Jean-Baptiste Djebbari. La question épineuse du stationnement devra également figurer dans le cahier des charges du concessionnaire, car comme sur d’autres questions, le gouvernement n’y apporte aujourd’hui pas de réponse.