Sécurité routière : Les piétons davantage victimes d’accidents mortels après le passage à l’heure d’hiver

VOITURE La Délégation de la Sécurité routière met en garde les piétons dont la mortalité augmente généralement de près de 50 % en soirée dans les semaines qui suivent le passage à l’heure d’hiver

Marie De Fournas

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La mortalité routière des piétons atteint en effet son maximum en automne / hiver. (Illustration)
La mortalité routière des piétons atteint en effet son maximum en automne / hiver. (Illustration) — Free-Photos / Pixabay
  • Au moment de passer à l’heure d’hiver, avec le manque de luminosité et l’absence de vigilance de certains conducteurs, le nombre d’accidents mortels de piétons augmente radicalement.
  • Les conducteurs doivent rester particulièrement attentifs et les piétons vivant en zone rurale peu éclairée adopter quelques bons réflexes.

La nuit dernière, les Français ont « gagné » une heure de sommeil avec le passage à l’heure d’hiver. Ceux qui se déplacent à pied ont aussi vu leur chance de mourir augmenter. La Sécurité routière vient ainsi de rappeler sur son site que chaque année, les semaines qui suivaient ce changement étaient « marquées par un pic d’accidentalité » des piétons. Les coupables : des nuits plus longues et les conducteurs peu vigilants. Ainsi, « près de la moitié des piétons tués chaque année le sont sur les quatre mois d’octobre à janvier ».

« La baisse de luminosité entraîne un véritable problème de visibilité des piétons, cyclistes et utilisateurs de trottinettes », indique Emmanuel Barbe, Délégué interministériel à la Sécurité routière. « Le pire, c’est à la tombée de la nuit, précise à 20 Minutes Franck-Olivier Torro, porte-parole de Ras le scoot, un collectif rassemblant entre autres des associations de piétons et de cyclistes. Il y a un flottement parce que le jour baisse, mais les lampadaires ne sont pas encore allumés et toutes les voitures n’ont pas forcément mis leurs phares. »

+50 % d’accidents entre 17 et 19 heures

Le manque de vision tombe pile sur les créneaux correspondant aux sorties de classes et aux trajets travail-domicile. La Délégation de la Sécurité routière indique que le nombre d’accidents augmente de 50 % sur la tranche horaire allant de 17 à 19 heures et de 18 % entre 7 et 9 heures. Des chiffres impressionnants qui devraient pousser les conducteurs d’engins motorisés à se remémorer quelques règles élémentaires du Code de la route.

Pour rappel, les piétons sont prioritaires. Les voitures doivent céder le passage au piéton qui traverse ou qui est sur le point de traverser, sous peine de payer une amende de 135 euros et perdre 6 points sur votre permis de conduire. Le bon sens veut aussi que l’on ralentisse à l’approche d’un passage piéton et que qu’on ne conduise pas avec les vitres embuées… Malheureusement certains automobilistes ne respectent pas ces règles et c’est malheureusement parfois aux victimes de se protéger.

Une panoplie d’accessoires pour être vu

En zone rurale, où toutes les routes ne sont pas forcément correctement éclairées, il peut être judicieux lorsque l’on est piéton de porter des vêtements clair. « Dans les phares d’une voiture, les piétons sont visibles à seulement 20 mètres lorsqu’ils sont vêtus de noir. Or, à 50 km/h, une voiture a besoin au minimum de 25 mètres pour s’arrêter sur sol sec », calcule la Sécurité routière.

Il existe également une panoplie d’accessoires pour être vu : bandes réfléchissantes à mettre en bracelet ou à coudre sur un sac à dos et les cartables des enfants. « Il existe même des bombes de peinture réfléchissante la nuit et transparente le jour », indique le porte-parole de Ras le scoot. Avec des accessoires réfléchissants, la Sécurité routière assure que les piétons sont « visibles à 150 mètres ».

« En ville en revanche, tout est bien éclairé, il n’y a pas de sujet. Ce sont aux automobilistes de faire attention », s’exclame Franck-Olivier Torro. Ce dernier qui souhaite la disparition de la majorité des voitures en ville rappelle que malgré l’éclairage, les zones urbaines ne sont pas les plus sûres pour les piétons. « Plus il y a de feux, plus les automobilistes vont accélérer pour ne pas attendre au rouge. Quand il n’y en a pas, ils ont au contraire tendance à faire plus attention à ce qui les entoure. » Le stress engendré sur la chaussée par le foisonnement de scooters, bus, vélos, trottinettes peut aussi détériorer la qualité de leur conduite. En 2018, 475 piétons ont été tués sur les routes.