Bordeaux : L’université évoque des « menaces » et annule un débat avec Sylviane Agacinski

POLEMIQUE L’université de Bordeaux Montaigne évoque « des menaces violentes » en amont du débat de la philosophe, qui devait se tenir ce jeudi

M.B.

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La philosophe Sylviane Agacinski.
La philosophe Sylviane Agacinski. — IBO/SIPA
  • Sylviane Agacinski devait tenir jeudi soir un débat sur « l’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique. »
  • Des syndicats et associations étudiants avaient dénoncé dans un communiqué la venue « d’une personne transphobe et homophobe », selon eux.
  • L’Université Bordeaux Montaigne a préféré annuler ce débat, mais dénonce « une manifestation de censure excessivement grave et violente. »

La philosophe devait évoquer ce jeudi soir « l’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique », dans le cadre des conférences Bordeaux Montaigne. Les organisateurs de ces conférences ont fait savoir ce jeudi que la venue de Sylviane Agacinski devait être annulée.

« Ne pouvant assurer pleinement la sécurité des biens et des personnes ni les conditions d’un débat vif mais respectueux face à des menaces violentes, l’université de Bordeaux Montaigne (ex-Bordeaux 3) a décidé d’annuler cette rencontre », apprend-on ce jeudi.

« Des groupes ont décidé d’empêcher la tenue d’un échange légitime »

« Des groupes ont décidé d’empêcher la tenue d’un échange légitime et évidemment contradictoire sur ces questions d’ordre éthique et juridique dans le contexte des débats actuels sur la PMA et la GPA » font savoir les organisateurs sur le site de l’université. « Cette manifestation de censure est une atteinte excessivement grave et violente à la confrontation des idées à laquelle notre université est attachée. Empêcher la discussion au sein d’une communauté participe d’une dérive liberticide. »

Tout est parti d'un communiqué le 6 octobre, du syndicat « Solidaires étudiant-e-s Bordeaux » et des associations GRRR, Riposte trans, Mauvais Genre-s et WakeUp!. « A l'heure où les couples de femmes et les femmes célibataires continent de se battre pour obtenir le droit à la PMA (Procréation médicalement assistée), l'UBM (Université Bordeaux Montaigne) a fait le choix d'inviter une "philosophe" aux positions réactionaires, transphobes et homophobes » y dénoncent-ils. « Nous appelons l'UBM à prendre ses responsabilités : il est dangereux et inconscient que l'Université offre une tribune à une personne aux discours dignes de la Manif pour Tous » estiment-ils encore.

« Ni fierté, ni victoire pour quiconque »

Cette annonce de l'annulation du débat fait beaucoup réagir depuis jeudi soir sur les réseaux sociaux, plusieurs personnalités dénonçant une censure.

La « gravité de cette entrave au débat démocratique ne saurait constituer ni fierté, ni victoire pour quiconque, mais une réelle indignation de tous ceux qui sont attachés à la richesse du dialogue, de l’échange pour comprendre la complexité de notre monde » conclut l’université sur son site.

Dans son dernier essai, la philosophe s’attaque à la procréation médicalement assistée et à ses conséquences.