VIDEO. Nantes : Que nous apprennent les fouilles archéologiques menées au musée Dobrée ?

ARCHEOLOGIE Avant les travaux de rénovation du musée, trois mois de fouilles préventives sont menées sur le site

Julie Urbach

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Un chantier de fouilles archéologique est en cours au musée Dobrée de Nantes
Un chantier de fouilles archéologique est en cours au musée Dobrée de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Jusqu'à la fin du mois de novembre, une équipe d'archéologues examinent les sols du jardin du musée Dobrée.
  • Déjà, plusieurs vestiges ont été retrouvés (dont l'un pouvant dater du Moyen-Age) qui permettent de mieux retracer la chronologie particulière de ce lieu.

Il devrait (enfin) rouvrir au public et présenter son nouveau visage fin 2021 ou début 2022. Mais avant les gros travaux de rénovation et d’extension du musée Dobrée, on tape, on creuse, on déblaie dans le jardin à l’anglaise. Depuis la fin du mois d’août, les archéologues du département de Loire-Atlantique ont investi les lieux pour mener des fouilles préventives, aujourd’hui obligatoires pour ce type de chantier. Objectif : découvrir d’éventuels vestiges qui permettront notamment d’approfondir les connaissances de ce site à la chronologie particulière.

Car si Thomas Dobrée en a fait le lieu d’exposition de ces collections au XIXe siècle (en construisant un palais à son nom) c’est en fait à la fin du Moyen-Age que le manoir Jean V, le bâtiment qui lui fait face, est sorti de terre. « On sait qu’il existait en 1440, mais on espère trouver des éléments pour dater plus précisément sa construction et son occupation », explique Frédéric Mercier, en charge du chantier de fouilles. Justement, il y a quelques jours, les archéologues ont découvert, à plus d’un mètre de profondeur, une couche noircie qui a attisé leur curiosité. « Cet îlot va nous aider à déterminer les différents moments où le manoir a été laissé à l’abandon, continue l’archéologue. Ces couches noires sont en fait des ardoises qui sont tombées du toit, puis se sont dégradées au sol. »

Un nouveau bâtiment médiéval découvert ?

Mais ce qui pourrait être « une découverte majeure » et à laquelle les scientifiques ne s’attendaient pas, c’est cette « maçonnerie » qui a été mise au jour à quelques mètres de là. « Il y a des similitudes avec le manoir, et notamment le matériau de fabrication, du granit jaune, continue Frédéric Mercier. Il pourrait donc s’agir de murs d’un éventuel bâtiment, dont nous ne connaissons pour l’heure ni la fonction, ni le plan, mais qui aurait pu fonctionner avec le manoir de la Touche. Ces hypothèses restent à confirmer. »

Un bout de mur pouvant dater du XVe siècle a été identifié
Un bout de mur pouvant dater du XVe siècle a été identifié - J. Urbach/ 20 Minutes

En attendant la fin des opérations, prévue dans un mois, d’autres traces d’un passé un peu moins lointain ont été mises en évidence. Côté rue Voltaire, les vestiges d’un îlot d’habitations du XIXe siècle, rasées au moment de la première ouverture du musée (1899), ont été repérés. Une galerie en béton, qui a permis de se protéger des bombardements de la seconde guerre mondiale, a également été identifiée, tout comme plusieurs murs de terrassement permettant l’aménagement du terrain.

« Lors des premiers sondages, nous nous sommes surtout aperçus que la construction du dernier bâtiment, réalisée dans les années 70, avait fait disparaître un certain nombre de traces, explique Frédéric Mercier. Une fosse profonde avait été creusée pour l’installation d’une grue, à une époque où les fouilles préventives n’étaient pas encore obligatoires. Nous avons aussi retrouvé beaucoup de déchets du chantier qui avaient été enfouis sur place… »

Bataille juridique

Les opposants aux travaux de rénovation du musée se sont récemment pourvus devant le conseil d’État, pour faire suspendre les travaux. Un recours avait également été déposé devant le tribunal administratif.