Pesticides : Le gouvernement veut interdire la vente libre de certains produits

TOXICITE La liste des produits concernés sera communiquée « sous huit mois », a déclaré le ministère de la Transition écologique

20 Minutes avec AFP

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Épandage de pesticides dans un champ en Loire-Atlantique (illustration).
Épandage de pesticides dans un champ en Loire-Atlantique (illustration). — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

Le gouvernement a lancé un processus visant à interdire la vente libre au grand public de certains pesticides, des produits potentiellement dangereux, utilisés de manière « généralisée » à la maison, selon une étude.

« L’usage des biocides par le grand public présente des risques, notamment liés à la méconnaissance de leur toxicité et des précautions d’utilisation, » et la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a « saisi l’Anses (agence sanitaire nationale) pour interdire la vente de certains de ces produits en libre-service, conformément aux dispositions prévues dans la loi Egalim », ou loi alimentation, votée l’an dernier, a indiqué le ministère, ce jeudi.

Des produits « en libre-service à des utilisateurs non professionnels »

Cette saisine suit la publication la semaine dernière d’un décret déterminant « les catégories de produits biocides ne pouvant être cédés directement en libre-service à des utilisateurs non professionnels, compte tenu des risques qu’ils présentent pour la santé humaine et pour l’environnement ».

Il s’agit des « produits pour lesquels des données permettent d’établir ou de suspecter l’apparition de résistances », ceux « pour lesquels des cas d’intoxication involontaire sont signalés » et de ceux qui ne peuvent faire l’objet d’une « procédure d’autorisation simplifiée (et) sont fréquemment utilisés en méconnaissance des règles visant à préserver la santé humaine ou l’environnement, figurant dans leur autorisation de mise sur le marché ou dans la notice élaborée par leur fabricant ».

Des produits contre les insectes, les rongeurs, les acariens

L’Anses devra établir la liste des produits concernés « sous huit mois », précise le ministère. L’agence avait publié début octobre une étude de terrain réalisée sur 1.500 ménages de France métropolitaine en 2014 et établissant que 75 % d’entre eux avaient utilisé au moins un pesticide dans les 12 mois précédents.

Une utilisation « généralisée », loin de concerner uniquement le soin des plantes. Ainsi 61 % des détenteurs d’animaux domestiques les traitent contre les puces et les tiques, 40 % des ménages ont recours à des biocides contre les insectes volants et 28 % contre les rampants, 12 % utilisent des répulsifs corporels contre les insectes, 9 % des produits contre les rongeurs, 7 % contre les poux humains, 4 % contre les acariens… Et un peu plus du tiers seulement des particuliers disent respecter les règles de prudence avec les produits contre les insectes volants.