Lactalis accusé par l’un de ses clients d’escroquerie et de falsification de denrées alimentaires

JUSTICE Une information judiciaire a été ouverte après une plainte déposée par la société Serval

J.G. avec AFP
— 
Groupe Lactalis (illustration)
Groupe Lactalis (illustration) — GILE MICHEL/SIPA

Lactalis de nouveau dans la tourmente ? Une information judiciaire visant le groupe a en tout cas été ouverte après une plainte déposée par l’un de ses clients pour « escroquerie et falsification de denrées alimentaires », a-t-on appris ce mercredi auprès du parquet de Rennes.

Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée contre Lactalis Ingrédients fin mai 2018 par Serval, société spécialisée dans l’aliment d’allaitement pour veaux, agneaux et chevreaux. Et ce, pour « escroquerie, falsification de denrées alimentaires et tromperie sur la nature, l’espèce, l’origine, les qualités substantielles, la composition ou la teneur en principes utiles de toutes marchandises », a indiqué le procureur de la République Philippe Astruc, confirmant une information de Challenges.

Des denrées manipulées et non conformes selon le client

« Aux dires de Serval, la marchandise qui lui est livrée depuis plusieurs années est un lactosérum de mélange et non de vache. En outre, ce produit serait composé de lactosérum et de perméat, sous-produit laitier d’un taux de protéine nul et contenant une faible proportion de matière azotée non protéique, la principale étant l’urée », a précisé Philippe Astruc.

Selon la partie civile, « cette manipulation permet de comprendre pourquoi le taux de protéine d’un lactosérum de mélange qui aurait dû être de 13 à 14 % était abaissé à 11 % par l’effet de l’introduction du perméat et surtout d’un coût de revient dérisoire permettant à Lactalis de s’assurer une marge très importante », a poursuivi le procureur.

Un litige « purement commercial » selon Lactalis

Interrogé par l’AFP, Lactalis a indiqué que ce litige était « purement commercial ». « En mars 2017, la société Serval a sollicité, sur un plan civil, la désignation d’un expert judiciaire portant sur la qualité du lactosérum vendu en 2016. Serval n’a pas répondu aux demandes de communication de pièces faites par l’expert judiciaire et a fait le choix de mettre un terme à l’expertise judiciaire qu’elle avait elle-même initiée préférant initier une procédure pénale », a précisé Lactalis.

Le groupe souligne par ailleurs que le procureur de la République n’avait « pas donné suite à la plainte de Serval » dans un premier temps, obligeant la société à saisir un juge d’instruction.