Loire-Atlantique: Des parents d'élèves dénoncent la «maltraitance psychologique» d'un instit de CE2

EDUCATION A Corsept (Loire-Atlantique), un collectif de parents d'élèves a lancé une pétition en ligne pour dénoncer les méthodes d'un enseignant

Julie Urbach

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Premier de rentree scolaire dans une ecole maternelle de Toulouse petits sacs d'ecolier suspendus a un porte manteau.
Premier de rentree scolaire dans une ecole maternelle de Toulouse petits sacs d'ecolier suspendus a un porte manteau. — Alexandre GELEBART/REA
  • Depuis la rentrée scolaire, des parents dénoncent le comportement d’un instituteur de CE2.
  • Plusieurs d’entre eux ont déscolarisé leurs enfants quelques jours, voire les ont changés d’école.
  • Ils ont lancé une pétition en ligne la semaine dernière car selon eux, l’académie ne prend pas la mesure de la situation.

« Ma fille adorait aller en classe. Aujourd’hui, elle a peur d’y retourner et fait des cauchemars. » Alors que les vacances de la Toussaint battent leur plein, l’angoisse de reprendre le chemin de l’école Camille-Corot à Corsept (Loire-Atlantique) est pourtant vive chez les parents d’élèves. Depuis la rentrée, certains d’entre eux dénoncent « la maltraitance psychologique » qu’exercerait un instituteur de CE2 sur leurs enfants, âgés entre 7 et 8 ans. A tel point qu’ils annoncent avoir déposé une plainte collective en gendarmerie et qu’une pétition en ligne (plus de 1.500 signatures et plusieurs témoignages) a été lancée la semaine dernière. Certains ont aussi emmené leurs enfants chez le médecin, et des certificats ont été établis.

« Dès les premiers jours, on a vu qu’il était très strict, il demandait de marcher de façon militaire, raconte cette mère de famille. On lui a laissé sa chance, mais les enfants continuaient à nous dire que ce monsieur ne faisait que crier. » Toujours selon le collectif de parents, la situation n’a fait qu’empirer depuis. Humiliations, interdiction de boire, punitions… « Les élèves les plus en difficultés sont mis de côté, parfois toute la journée et sans chaise, continue cette maman. Ils sont punis pour n’importe quoi, un coude qui dépasse de la table ! »

« La situation fait l’objet d’une observation attentive », selon le rectorat

Fin septembre, une quinzaine d’élèves sur 24 ont été déscolarisés par leurs parents pendant trois jours. Au total, trois familles auraient même décidé de changer leur enfant d’établissement. Malgré ces éléments et de multiples courriers envoyés, les parents s’impatientent car selon eux, l’académie ne prend pas la mesure du problème. « La situation fait l’objet d’une observation attentive et continuelle afin de s’assurer du bien-être total des élèves, assure le rectorat dans un communiqué. L’ensemble de la communauté éducative a été entendue, directeur, enseignants, parents, de manière à réinstaller un climat de confiance envers cet enseignant. (…) Une cellule d’écoute des élèves a été installée pour permettre aux enfants qui le souhaitaient d’être entendus par une psychologue scolaire. »

Selon un autre parent d’élève, qui raconte avoir retiré sa fille de la classe pendant une semaine et demie, ce n’est pas la première fois que les méthodes de cet enseignant sont décriées. « Depuis que nous avons révélé cette histoire, nous avons reçu des dizaines de témoignages de familles d’autres écoles du département, où cet instit a effectué des remplacements, avec le même mode opératoire », rapporte ce papa. Une directrice aujourd’hui à la retraite s’est notamment confiée auprès de nos confrères de France 3. Elle indique avoir effectué par le passé « un signalement auprès de l’inspection académique ».