Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : L’enlèvement des fûts à risque a débuté

NETTOYAGE Vendredi, le préfet avait pourtant indiqué que les opérations de traitement par robot puis d’enlèvement des fûts « pourra(it) démarrer mardi »

20 Minutes avec AFP

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L'usine chimique Lubrizol de Rouen le 5 octobre 2019, soit dix jours après l'incendie.
L'usine chimique Lubrizol de Rouen le 5 octobre 2019, soit dix jours après l'incendie. — Robin Letellier/SIPA

Avec un jour de retard, l’enlèvement et le traitement des fûts endommagés, contenant potentiellement un produit dangereux, lors de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouena débuté, ce mercredi, a annoncé la préfecture de Seine-Maritime.

« Le process a débuté ce matin, l’enlèvement se fait dans la foulée du traitement », a indiqué la préfecture.

Selon la préfecture, 160 fûts sont « prioritaires »

Vendredi le préfet avait indiqué que les opérations de traitement par robot puis d’enlèvement des fûts « pourra(it) démarrer mardi ». Il s’agit en tout d’un ensemble de 1.300 fûts selon Lubrizol. Parmi eux, 160 fûts de 200 kg chacun, selon l’Etat, sont « prioritaires » car « ils contiennent un agent susceptible d’avoir, à cause de l’échauffement généré dans le fût, un peu de mercaptan », un gaz « très incommodant », « voire un peu éventuellement d’hydrogène sulfuré », un gaz « extrêmement dangereux », selon le directeur régional de l’environnement Patrick Berg.

« Cet agent, nous le connaissons bien puisqu’il y a déjà eu un incident en 2013 dans la cuve de fabrication de ce produit. Un agitateur était resté en marche et avait échauffé ce produit » et des émanations de mercaptan s’étaient produites, a précisé Patrick Berg. Les fûts ont été endommagés dans l’incendie qui a ravagé le site Seveso seuil haut le 26 septembre. Ils n’étaient pas dans l’incendie, ils en étaient « proches », a précisé Patrick Berg.

« Ça durera le temps qu’il faut »

Le robot « va saisir chaque fût, va le percer. S’il reste un peu de liquide dans le fût, ça va être récolté dans une benne avec un produit neutralisant, à base de soude. Si, à l’occasion du percement il y a un léger dégagement gazeux, un équipement provisoire de confinement raccordé à l’unité en permanence présente chez Lubrizol qui élimine les odeurs » est prévu, a poursuivi Patrick Berg. « Ça durera le temps qu’il faut », a-t-il ajouté.

Le 18 octobre, la préfecture avait évoqué un délai de deux mois environ. Une fois traités par Lubrizol, les fûts seront peu à peu évacués pour être incinérés à 80 km, dans le centre de traitement des déchets dangereux de Sandouville, un des plus gros d’Europe, selon Sedibex, la filiale de Veolia qui accueillera les substances.