Corée du Sud : La marque japonaise Uniqlo supprime une publicité après une polémique

MALADRESSE La marque japonaise a retiré une de ses publicités après une polémique en Corée du Sud, alors que la relation entre les deux pays est loin d’être au beau fixe

20 Minutes avec agences

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Logo de l'enseigne d'habillement Uniqlo (photo d'illustration)
Logo de l'enseigne d'habillement Uniqlo (photo d'illustration) — Thomas Samson AFP

Une publicité Uniqlo a créé la polémique en Corée du Sud. Le spot montre l’excentrique icône de la mode Iris Apfel, 98 ans, en train de discuter avec la créatrice américaine Kheris Rogers, 13 ans. La jeune fille lui demande comment elle s’habillait quand elle était adolescente.

De 85 ans son aînée, la New-Yorkaise aux lunettes rondes répond alors : « Oh mon Dieu. Je ne me souviens pas de choses aussi lointaines ! » Mais la filiale coréenne d’Uniqlo a sous-titré le texte d’une manière légèrement différente pour l’adapter à son public : « Je ne me souviens pas de ce qui s’est passé il y a plus de 80 ans ».

Appel au boycott

Problème : il y a 80 ans, soit en 1939, la Corée du Sud était une colonie japonaise. Cette période de l’Histoire demeure très douloureuse pour les Sud-Coréens qui se sont indignés de cette publicité. « Une nation qui oublie l’histoire n’a pas d’avenir. Nous ne pouvons pas oublier ce qui s’est passé il y a 80 ans et dont Uniqlo s’est moqué », a commenté un internaute sur Naver, le plus grand portail en ligne du pays.

Séoul et Tokyo sont depuis plusieurs mois en proie à un différend diplomatique et commercial depuis que des tribunaux sud-coréens ont exigé d’entreprises japonaises qu’elles dédommagent des Sud-Coréens forcés de travailler dans leurs usines durant l’occupation japonaise (1910-1945). Les Coréens du Sud ont appelé à un large boycott des produits japonais. Uniqlo, qui compte 186 magasins à travers le pays, est particulièrement visé par cet appel.

Uniqlo dément

Le groupe japonais Fast Retailing, la maison mère d’Uniqlo, a rejeté ces accusations, expliquant, dans un communiqué, avoir ainsi sous-titré cette publicité pour mettre en évidence l’écart d’âge entre les personnes et pour souligner que ses vêtements sont destinés à toutes « les générations ».

« Cette publicité n’avait nullement l’intention d’insinuer quoi que ce soit » à propos de la période coloniale, a déclaré ce lundi un représentant d’Uniqlo, ajoutant que la société a retiré cette publicité afin de limiter les dégâts. La réaction a été excessive, a déclaré Kim Sung-han, un ancien vice-ministre des Affaires étrangères qui enseigne à l’Université de Corée. Selon lui, c’est lié à une logique qui « suppose que tout ce que fait Uniqlo est politique » car il s’agit d’une société japonaise.