Nantes : Un mois décisif pour le délicat projet de Nouvelle université et ses 50 millions d’euros

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR « Si le conseil d’administration de Centrale n’approuve pas les statuts sous quatre semaines, alors tout s’arrête », a indiqué le président de l’université de Nantes ce mardi

Julie Urbach

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L'école Centrale de Nantes
L'école Centrale de Nantes — F. Brenon/ 20 Minutes
  • La Nouvelle université de Nantes, composée de la fac, l'école Centrale, le CHU et l'Inserm, devait voir le jour en janvier 2020.
  • L'école d'ingénieurs, qui a émis un avis défavorable, a désormais quatre semaines pour organiser un nouveau vote si elle le souhaite avant que le projet ne soit définitivement condamné.

Il y a dix jours, un coup de tonnerre se produisait dans l’enseignement supérieur nantais : alors que le projet de Nouvelle université de Nantes (qui devait réunir l’université, l’école Centrale, l’Inserm et le CHU) devait voir le jour au 1er janvier 2020, le vote défavorable de l’école d’ingénieurs a rebattu les cartes et laissé la communauté éducative dans le flou. Ce mardi, le tempo s’accélère : l’Etat a indiqué qu’il laissait jusqu’au 18 novembre prochain pour qu’un éventuel nouveau vote soit organisé, et que tout rentre dans l’ordre.

« Si le conseil d’administration de Centrale, membre fondateur, n’approuve pas les statuts sous quatre semaines, alors tout s’arrête, résume Olivier Laboux, le président de l’université qui se voyait déjà à la tête de cette nouvelle entité. Je suis profondément dans l’attente d’une décision positive. (…) C’est un énorme gâchis que de faire une croix dessus. » Le CA de Centrale s’était prononcé à 17 voix contre, 12 pour, et une abstention.

Des dizaines de millions d’euros désengagés ?

Concrètement, l’objectif de ce projet d’établissement expérimental, présenté comme unique en France, était qu’université et école d’ingénieurs renforcent leur coopération pour créer, avec le CHU de Nantes et l’Inserm, « un nouveau modèle universitaire français » plus visible à l’international. Il ne s’agit pas de fusion mais d’un « décloisonnement » organisé autour de quatre grands pôles (humanités, sociétés, santé, sciences et technologie), contre une vingtaine de composantes actuellement.

Surtout, cette Nouvelle université de Nantes devait porter le label d'excellence i-Site obtenu en 2017, ainsi que le programme de recherche « NExT » et les fonds, importants, qui vont avec. Tout est aujourd’hui remis en cause. « La perte estimée est de plus de 50 millions d’euros d’ici à 2021, calcule Olivier Laboux. D’autres projets, déjà engagés, font aujourd’hui l’objet d’un moratoire. » Quelque 15 millions d’euros ont déjà été investis dans les domaines de la santé et de l’industrie du futur, sur une première enveloppe de 30 millions. Une cinquantaine de postes devaient au total être créés, dont 36 sont déjà pourvus.

Le projet ne sera pas modifié

Sollicitée par 20 Minutes, l’école Centrale ne souhaite pas répondre dans l’immédiat mais son directeur donnera une conférence de presse en fin de semaine, explique-t-elle. En tout cas, les discussions semblent aujourd’hui rompues avec les trois autres partenaires dont les regards sont désormais tous tournés vers la direction de l’école. Face à certaines craintes d’une perte de son identité, le président de l’université a exclu toute possibilité de modifier le projet. « Des contre-vérités ont été dites, estime Olivier Laboux, pour tenter d’expliquer ce vote négatif. Certains membres du CA n’ont pas pris la mesure de ce qu’était ce projet et des conséquences du vote. »

En cas de nouvel échec, ou si la situation ne bouge pas, les discussions pourraient se poursuivre cette fois avec l’école d’architecture et l'école des beaux-arts, mais pour un projet d’alliance différent et sûrement moins ambitieux.