Montpellier : L’appel à l’aide de la communauté Emmaüs, touché par un incendie

SOLIDARITE La communauté de 78 compagnons installée à proximité de Montpellier a été victime d'un violent incendie qui n'a heureusement pas fait de victimes

Jérôme Diesnis

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Neuf logements ont été la proie d'un incendie. Ils sont inutilisables.
Neuf logements ont été la proie d'un incendie. Ils sont inutilisables. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Neuf habitations sont parties en fumée dans un incendie qui a frappé la communauté Emmaüs à Saint-Aunès, aux portes de Montpellier.
  • « Si les gens ont la gentillesse de nous donner à la fois des choses dont ils n’ont plus besoin et qui peuvent encore servir, et venir acheter des choses dont ils ont besoin chez nous, ce sont les petits coups de pouce qui peuvent nous aider », explique le directeur adjoint de la structure.
  • Emmaüs Saint-Aunès accueille 78 compagnons. Avec cet incendie, il ne peut plus augmenter sa capacité d’accueil.

L’incendie qui s’est déclaré dans la nuit du 5 au 6 octobre n’a pas fait de victimes. Mais ce sont neuf habitations qui sont parties en fumée cette nuit-là. La communauté d’Emmaüs de Saint-Aunès, aux portes de Montpellier, a été durement touchée. « On a pu se débrouiller en réutilisant un bureau, la salle de réunion, souligne Hervé Diome, directeur adjoint. Certains compagnons se retrouvent désormais à deux par logement. On s’est débrouillé en attendant que les assurances nous remboursent afin que l’on puisse racheter des mobil-homes. »

Mais la procédure s’annonce longue. Les compagnons font appel à la générosité pour les aider à héberger dans les conditions les plus décentes ceux d’entre eux qui ont perdu leur logement. « Si les gens ont la gentillesse de nous donner à la fois des choses dont ils n’ont plus besoin et qui peuvent encore servir, et venir acheter des choses dont ils ont besoin chez nous, ce sont les petits coups de pouce qui peuvent nous aider », reprend Hervé Diome.

Récupérer, recycler plutôt que de vivre de l’aumône

Le site de Saint-Aunès accueille 78 compagnons. « Le problème auquel on doit faire face, c’est que l’on n’a plus aucune capacité d’accueil pour les personnes qui viennent frapper à notre porte. Et malheureusement, il y en a tous les jours. » La communauté fonctionne sans subventions. Un état d’esprit insufflé par l’abbé Pierre et les premiers compagnons : recycler ou réintégrer dans le circuit de vente des biens de consommation, plutôt que de vivre de l’aumône.

« On aide ceux qui ont des projets de réinsertion à remettre le pied à l’étrier. Ou pas, conclut Hervé Diome. Certains compagnons ont 55 ans et 10 ans de rue derrière eux. Ils n’aspirent pas à quitter la communauté. » Et il y a une règle d’or à Emmaüs : « Nous tenons à cette notion d’accueil inconditionnel. »