SNCF: Pagaille en vue au premier jour des vacances scolaires, la direction montre les dents

GREVE La situation devrait être identique à celle de vendredi. Les TGV seront aussi légèrement touchés dans le Sud-Est et dans l’Ouest. Il n’y aura aucun train Ouigo en Paca

20 Minutes avec AFP

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Les quais de la gare de Saint Jean de Luz le 18 octobre 2019.
Les quais de la gare de Saint Jean de Luz le 18 octobre 2019. — Bob Edme/AP/SIPA

La journée va être encore difficile pour les usagers de la SNCF. Comme vendredi, le trafic ferroviaire va rester très perturbé samedi, au premier jour des vacances scolaires. La direction et les syndicats de l’entreprise n’ont en effet pas trouvé de compromis pouvant inciter les conducteurs et contrôleurs à lever leur droit de retrait.

Cet arrêt de travail fait suite à un accident survenu mercredi soir : un TER reliant Charleville-Mézières à Reims a percuté un convoi routier sur un passage à niveau à Saint-Pierre-sur-Vence (Ardennes). Le conducteur, blessé et choqué, « a dû porter secours aux passagers car c’était le seul agent SNCF à bord ! », a déploré SUD-Rail. Ce syndicat, ainsi que la CGT-Cheminots, FO-Cheminots et la Fgaac-CFDT, contestent le mode d’exploitation « équipement agent seul », qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur, évoquant des risques de sécurité pour les voyageurs, alors que selon la direction « il existe depuis des dizaines d’années ».

Aucun train Ouigo en région Paca

Après cinq heures de discussions, les deux parties se sont donc séparées sans accord et devraient se voir dans le « courant de la semaine prochaine », a annoncé la direction. D’ici là, elle appelle les conducteurs et contrôleurs à « reprendre au plus vite le travail car ils sont en situation irrégulière », assure-t-elle.

Le PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, a contesté samedi la validité du droit de retrait exercé par les agents de l’entreprise. « C’est une grève. Nous avons donc fait des injonctions vis-à-vis des salariés grévistes de reprendre le travail et nous sommes en train d’étudier la voie judiciaire, c’est-à-dire la façon dont nous allons aller devant la justice pour faire juger qu’il s’agit bien d’une grève et pas d’un droit de retrait », a-t-il déclaré sur BFM-TV. « Ce n’est pas aujourd’hui un droit de retrait, il n’y a aucun danger grave et imminent sur aucun train à la SNCF », a ajouté Guillaume Pépy.

Un « détournement du droit de retrait »

Même son de cloche du côté d’Edouard Philippe qui a dénoncé samedi un « détournement du droit de retrait » exercé par les agents SNCF, et une « grève sauvage » à « l’impact inacceptable pour des dizaines et des dizaines de milliers de Français ». « J’ai demandé à la SNCF d’examiner toutes les suites, y compris judiciaires, qui pouvaient être données lorsque des gens ne respectent pas la loi », a déclaré le chef du gouvernement.

Côté trafic, « la situation sera très sensiblement identique » à celle de vendredi, où le réseau TER et certaines lignes franciliennes ont été très perturbés : seulement 55 % des TER en circulation, un train Intercités sur deux tandis qu’en région parisienne 70 % des Transiliens roulaient, mais là aussi avec d’importantes disparités, les RER B et D étant les plus touchés, ainsi que les lignes R, H, J, K et L. Samedi, les TGV seront aussi légèrement affectés dans la région Sud-Est (Lyon, Marseille, Nice, Montpellier) et Atlantique-Ouest (Rennes, Nantes, Bordeaux), avec 9 trains sur 10. Le trafic sera normal dans le Nord et l’Est. Il n’y aura aucun train low-cost Ouigo en région Paca.

Les trois propositions de la direction

Lors de la réunion avec l’ensemble des syndicats, qui a débuté vers 18h30 vendredi, la direction a fait trois propositions : renforcer le dispositif d’alerte et de sécurité des trains et « passer au crible l’ensemble des mesures de sécurité à appliquer par le conducteur en cas d’accident », « répartir dans le temps les nouvelles procédures de départ des trains, qui devaient être appliquées le 15 décembre » et « accélérer très fort le recrutement en 2019, en particulier contribuant à la sécurité des biens et des personnes ». « Ces propositions n’ont pas été saisies par les organisations syndicales », a souligné la direction. Une autre réunion s’était tenue dans la matinée entre la direction et la CGT.