Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : L’enlèvement des fûts à risque durera deux mois

TOXICITE Ces 160 fûts endommagés dans l’incendie contiennent une substance qui peut donner lieu à des émanations de sulfure d’hydrogène (H2S) et de Mercaptan

20 Minutes avec AFP

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L'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen.
L'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen. — Robin Letellier/SIPA

L’enlèvement de 160 fûts endommagés lors de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen et contenant un produit potentiellement dangereux « pourra » démarrer mardi et va durer deux mois, a annoncé la préfecture de Seine-Maritime, ce vendredi.

Pour réaliser cette opération très délicate, un robot va être mobilisé. L’engin, placé « dans un dispositif étanche et pressurisé », interviendra « en journée hors week-end ». L’opération « durera deux mois », a expliqué la préfecture dans un communiqué.

« Un équipement provisoire de confinement de 1.000 m2 »

Ces 160 fûts endommagés dans l’incendie qui a ravagé le site Seveso seuil haut le 26 septembre contiennent une substance qui, si elle est chauffée, peut donner lieu à des émanations de sulfure d’hydrogène (H2S), un gaz « extrêmement dangereux », et de Mercaptan, un gaz « très incommodant », selon l’État. Avant de neutraliser les fûts, « un équipement provisoire de confinement de 1.000 m2 en dépression d’air » a été construit pour « recouvrir entièrement la zone des fûts ».

« L’air capté dans cette structure fait l’objet d’un traitement d’odeur. Le procédé technique mis en place repose sur trois barrières de sécurité : une première enveloppe étanche, une deuxième enveloppe à l’intérieur, faisant office de sas, et des brumisateurs internes et externes afin de neutraliser les éventuelles odeurs », précise la préfecture.

Des odeurs « peuvent encore être ressenties ponctuellement »

Dans ce « dispositif étanche et pressurisé, un robot commandé à distance par du personnel qualifié, manipulera chacun des fûts pour une neutralisation sur place », poursuit l’Etat. « Le robot triera, traitera et neutralisera les matières pour préparer leur évacuation. Les matières ainsi traitées seront acheminées par camion-citerne », ajoute encore la préfecture. « Les fûts vidés seront transportés dans des bennes étanches par voie routière », selon le communiqué.

Des « odeurs dues à des nappes résiduelles d’hydrocarbures peuvent encore être ressenties ponctuellement » à Rouen « en raison des conditions météorologiques », malgré la mise en place de « brumisateurs avec diffusion de produits neutralisants d’odeurs pour diminuer les possibles nuisances olfactives », rappelle la préfecture. Mercredi, la préfecture avait indiqué que l’opération démarrerait mardi et n’avait pas souhaité indiquer le nom de l’entreprise chargée d’évacuer les fûts. Le préfet doit donner une nouvelle conférence de presse vendredi à 16h30.