Nord : L’institutrice d’une école privée visée par une plainte collective pour maltraitance envers des élèves

EDUCATION NATIONALE Plusieurs mères de famille se joignent à une plainte déposée contre les méthodes d'une institutrice au sein d'établissements scolaires privés

Gilles Durand

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Illustration d'une plainte déposée auprès de la police.
Illustration d'une plainte déposée auprès de la police. — G. Durand / 20 Minutes
  • Une mère d’élève accuse l’institutrice d’une école privée de violences, de brimades et de harcèlement envers son fils âgé de 8 ans.
  • Le directeur diocésain reconnaît les faits.
  • Elle est soutenue par d’autres parents d’élèves dans son dépôt de plainte auprès du commissariat de police.

Les témoignages s’accumulent. La mère d’un élève, à Petite-Forêt, près de Valenciennes, dans le Nord, se dit soutenue par de nombreuses familles, après avoir déposé plainte, en mai, contre les méthodes d’une institutrice. Corinne D. accuse cette dernière de violences, de brimades et de harcèlement envers son fils âgé de 8 ans.

Cette maman vient d’être convoquée, mercredi, par la police de Valenciennes qui est chargée de mener l’enquête. « Le commissariat avait été saisie d’autres plaintes pour des faits similaires qui remontent parfois à 2003 », assure Corinne D..

Une réputation de sévérité

L’affaire commence à la rentrée scolaire 2018. Quand elle apprend le nom de l’institutrice de son fils, Mathéo, Corinne D. s’inquiète. L’enseignante, proche de la retraite, traîne une réputation de sévérité au sein de l’école privée Sainte-Marie, à Valenciennes. Un rendez-vous avec la prof efface l’angoisse de la mère et de son enfant. « Ça n’a pas duré, regrette cette maman. Un jour, mon fils s’est plaint d’avoir reçu une gifle ».

Nouveau rendez-vous avec la direction de l’établissement. La maîtresse reconnaît et s’excuse de son geste. Tout le monde en reste là. Jusqu’au jour où, en avril, le fils de Corinne D. rentre en pleurs car « la maîtresse n’a pas voulu qu’il fasse son cadeau de la fête des mères », raconte-t-elle à 20 Minutes, confirmant une information de La Voix du Nord.

Tête de turc de l’institutrice

Pire, son fils affirme être devenu la tête de turc de l’institutrice depuis des semaines. « En classe, elle l’avait isolé. Elle lui faisait faire des copies à longueur de journée et le traitait constamment de moule cuite ou de merlan frit », affirme Corinne D. qui décide alors de porter plainte au commissariat.

« Théo a été arrêté pendant 90 jours après avoir vu un médecin, précise la mère. Il n’est plus retourné à l’école jusqu’aux vacances scolaires. J’ai payé un professeur pour l’instruction à domicile. »

« Cet enfant a bien été malmené, reconnaît Dieudonné Davion, directeur diocésain, interrogé par La Voix du Nord. Nous avons immédiatement réagi, mais n’étant pas les employeurs des professeurs, qui sont en contrat avec l’Etat, nous n’avons pas l’autorité pour les sanctions. De ce fait, nous en avons référé à l’inspecteur de l’Éducation nationale. »

Une première plainte en 2003

Cinq mois après le dépôt de plainte, Corinne D. et son fils ont donc été auditionnés par la police. La mère a pu déposer d’autres témoignages de mamans mécontentes. L’une d’elle affirme qu’en 2003, elle s’était déjà plainte de la maltraitance de son fils à l’école du sacré-cœur d’Anzin.

Une autre témoigne « d’insultes et de quolibets » subis par son fils lors de l’année scolaire 2017-18, également à l’école Sainte-Marie. « J’ai contacté le service d’aide aux victimes qui a désormais le dossier en main, explique Corinne D. Il faut que ces comportements cessent ».

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