Provence Alpes Côte d'Azur lance un programme pour lutter contre le gaspillage alimentaire

GASPILLAGE La région Provence Alpes Côte d’Azur a annoncé ce mercredi matin le lancement d’un programme réunissant différents acteurs pour lutter contre le gaspillage alimentaire

Adrien Max

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Les acteurs de la région Paca regroupés face au gaspillage alimentaire.
Les acteurs de la région Paca regroupés face au gaspillage alimentaire. — François Moura
  • La région Provence Alpes Côte d’Azur souhaite réunir l’ensemble des acteurs de la filière pour réduire le gaspillage alimentaire.
  • Pour les producteurs, le plus compliqué reste la circulation d’information et la logistique.

Dix millions de tonnes de produits gaspillées par an, soit une valeur commerciale de 16 milliards d’euros en France. Si ces chiffres donnent le tournis, notamment en termes d’argent gaspillé, le prélèvement inutile de ressources naturelles est tout aussi impressionnant : 3 % des émissions de CO2 de la France pourrait ainsi être évitées chaque année. Face à ce constat, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, la direction régionale de l’Alimentation, de l’agriculture et de la forêt et le conseil région Provence Alpes Côte d'Azur ont souhaité créer un réseau régional de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Pour cela, ils ont financé en 2017 une étude pour recenser les acteurs de la chaîne alimentaire et comprendre leur problématique. Pas moins d’une centaine d’acteurs se sont donc réunis lors de deux journées de travail collectif. « L’objectif est de réunir l’ensemble des acteurs du champ à l’assiette, de partager les bonnes pratiques, faire émerger des projets ambitieux et quantifier le gaspillage alimentaire et son évolution », explique l’Ademe.

Soutien logistique

Des groupes de travaux doivent débuter avant la fin de l’année. Thierry Malécot, directeur de la coopérative des primeurs de la Crau, dans les Bouches-du-Rhône, y participera. Mais il n’a pas attendu les institutions pour réfléchir à des solutions contre le gaspillage. « C’est quelque chose qui fait partie de nos gènes. Quand on n’arrive pas à écouler tous nos produits on cherche des solutions localement, avec les Restos du cœur par exemple », explique-t-il.

Cette possibilité de se regrouper avec d’autres acteurs devrait notamment lui permettre d’améliorer encore d’avantage l’utilisation de ses invendus. « On est déjà en contact avec certains acteurs mais cela ne nous permet pas d’écouler tous nos stocks. Par exemple lors de la grosse crise commerciale au printemps avec beaucoup plus d’offre que de demande. Le but du collectif est de se faire connaître et d’avoir un soutien logistique », avance-t-il.

La région où l’on trie le moins

Il cite l’exemple des Restos du cœur de Besançon qui ne reçoivent presque jamais de produits, faute de producteur aux alentours. « C’est pareil pour les quartiers Nord de Marseille, si jamais rien n’est organisé alors ils n’auront jamais rien, nous avons besoin de réseaux collectifs », souhaite-t-il.

Ce réseau régional en région Provence Alpes Côte d’Azur, qui existe déjà dans en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine ou en Normandie, est d’autant plus essentiel dans cette région qui trie le moins en France. En 2014, les Azuréens ont trié en moyenne 31 kg de déchets, contre une moyenne nationale de 43 kg, quand les Bretons, champion de France du tri, trient pas moins de 68 kg de déchets par an. Plus du double qu’en Paca !