VIDEO. Lyon : La prison dévoilée de manière immersive au musée des Confluences

EXPOSITION Jusqu'au 26 juillet, le public peut se plonger dans «Prison, au-delà des murs», au musée des Confluences à Lyon

Elisa Frisullo

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Le visiteur se retrouve au parloir face à un détenu au cours de l'exposition
Le visiteur se retrouve au parloir face à un détenu au cours de l'exposition — E. Frisullo / 20 Minutes
  • «Prison, au-delà des murs» est la nouvelle exposition temporaire du musée des Confluences à Lyon.
  • On y découvre, à travers un parcours immersif, toute la complexité de l'univers carcéral.

Quelle que soit l’idée que vous vous faites de la prison, vous risquez de ressortir chamboulés de votre visite au musée des Confluences à Lyon. Jusqu’au 26 juillet, l’institution présente « Prison, au-delà des murs », une exposition immersive, coproduite avec le musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de Genève et le Deutsche Hygiene-Museam de Dresde.

Dès l’entrée dans la salle, le ton est donné. De grandes cellules aux barreaux orange accueillent les multiples objets de détention et photographies de prison présentés au fil du parcours. Une scénographie et des contenus imaginés pour interpeller, éclairer les consciences. « Que ce soit pour parler d’évasion, de suicides, d’agression, de surveillants, Il n’y a pas une semaine sans que l’on entende parler de prison », indique Cédric Lesec, directeur des relations extérieures et de la diffusion du musée, rappelant le côté inédit de l’expo. « Il n’y a jamais eu de d’exposition de cette nature. Nous avons voulu proposer un débat non-partisan, aborder le sujet de façon sensible, émotionnel et objectif », ajoute-t-il.

Une exposition développée avec des experts et acteurs de la prison

Très complète, l’exposition a été réalisée après de multiples rencontres avec des experts scientifiques, des représentants de l’administration pénitentiaire en France et des acteurs associatifs et culturels. Pas à pas, on découvre la naissance de l’univers carcéral en Europe, qui devient la première peine à la fin du 18e siècle. « La prison change de fonction à la Révolution française. On considère qu’il s’agit d’une humanisation des peines et du châtiment. Elle a trois fonctions : protéger la société, punir et préparer à l’amendement », souligne Marianne Rigaud-Roy, cheffe du projet d’exposition.

En déambulant à travers ces cellules orange, sans serrure, ouvertes sur les murs verts de la salle d’exposition symbolisant la « liberté, l’ailleurs », le visiteur découvre ce qui fait la prison. Les règles qui régissent la vie en détention, le temps au ralenti et la solitude, mais aussi le sport, les ateliers et le travail qui marquent la vie des prisonniers. On y voit aussi les « expressions de révolte » des détenus, les mutineries, les agressions et les souffrances qu’ils infligent, par désespoir, à leur corps.

Au parloir…

Pas de spectaculaire dans cette exposition, mais une réalité brutale qui interroge et peut perturber. L’exposition est d’ailleurs déconseillée au moins de 12 ans et il est recommandé d’accompagner les jeunes visiteurs au fil du parcours. Dans une cellule reconstituée, équipé d’un simple banc en bois, chacun se retrouve plongé dans l’univers sonore de la prison. Des couverts manipulés, des clés qui tintent, des cris, des sifflements, des portes qui grincent, « les bruits de la prison sont un des aspects sensitifs les plus durs à vivre », ajoute Marianne Rigaud-Roy.

Pour aborder sans fard la réalité de la détention, un théâtre d’optique a aussi été imaginé. Assis sur des chaises comme derrière un miroir sans tain, on se retrouve face à des détenus en cellule. On assiste aux petites activités qui rythment leur quotidien entre quatre murs. On devient les témoins de leur solitude. Dans la salle voisine, le visiteur se retrouve au parloir, où selon la place choisie, il écoutera les confidences d’un ou d’une prisonnière, assis face à lui comme un hologramme.

Le visiteur se retrouve au parloir face à un détenu au cours de l'exposition
Le visiteur se retrouve au parloir face à un détenu au cours de l'exposition - E. Frisullo / 20 Minutes

Des alternatives à la détention

« C’est une sorte de pièce de théâtre en trois actes qui permet d’explorer et de voir ce couloir étroit entre le monde du dehors et du dedans. Le public est à la fois enfermé et libre de ses mouvements », souligne Joris Mathieu, directeur théâtre Nouvelle génération qui a conçu ces utopies.

L’exposition s’achève sur les alternatives à la détention nées en réponse au tout carcéral. Plusieurs expériences menées en France y sont présentées au travers de documentaires. Avec cette question : « La prison doit-elle rester une réponse immuable ? »

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