Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : Les vaches de retour dans les prés

PATURAGE Le retour est dans le pré

J.-L.D. avec AFP

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Des vaches, illustration
Des vaches, illustration — Fotoarena/Sipa USA/SIPA

Les fosses à lisier sont encore blanchies par le lait jeté depuis plus de deux semaines mais les vaches s’ébrouent enfin sur l’herbe grasse : contraints de confiner leurs bêtes après la catastrophe de Lubrizol à Rouen, les producteurs de lait respirent enfin après la levée lundi de ces mesures de précaution.

« Là on peut voir que les vaches​ apprécient l’herbe qui a repoussé depuis 18 jours qu’elles étaient confinées dans le bâtiment. Un bovin est fait pour la pâture. On revient sur les fondamentaux », relève Aline Catoire devant ses 57 bêtes qu’elle vient de lâcher dans un de ses champs à Conteville, à 45 km à vol d’oiseau de l’usine Lubrizol.

Demain ne meuh-rt jamais

Le 26 septembre, le spectaculaire incendie de ce site Seveso seuil haut a produit un panache de fumée noire de 22 km de long. L’Etat a dans la foulée ordonné le confinement des animaux d’élevage et interdit la commercialisation de tout ou partie de la production de près de 3.000 producteurs, dont Aline Catoire. Après un avis favorable de l’Anses (l’agence nationale de sécurité sanitaire et de l’alimentation), la mesure a été levée lundi soir, pour les seuls producteurs laitiers, majoritaires toutefois

La collecte a donc repris lundi à 18h et les vaches ont regagné les champs mardi matin. « C’est aussi un bien sanitaire parce que durant cette période où il fait plutôt doux et humide, le confinement en bâtiment pour des vaches laitières, c’est pas l’idéal. Ça développe des bactéries », ajoute la productrice de lait de 35 ans qui est aussi vice-présidente de la chambre d’agriculture du département.

Les éleveurs de Seine-Maritime ont jeté 500.000 litres par jour à cause de la catastrophe.