Nantes : Des femmes et des enfants migrants expulsés ce matin de la Maison du peuple

EXPULSION Plusieurs familles, sans solution d'hébergement, attendent à l'intérieur de la mairie annexe de Doulon

J.U.

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Les familles expulsées de la Maison du peuple à Nantes ont été conduites à la mairie annexe de Doulon
Les familles expulsées de la Maison du peuple à Nantes ont été conduites à la mairie annexe de Doulon — J. Urbach/ 20 Minutes

Elle était occupée depuis le mois de juillet par des « Gilets jaunes » et hébergeait aussi des personnes vulnérables. La Maison du peuple, cet immeuble abandonné du quartier Doulon à Nantes, a été évacuée ce mardi matin. A l'intérieur, plusieurs familles migrantes ont dû quitter les lieux. Selon les associations de soutien, 18 enfants de un à douze ans ainsi qu'une dizaine de femmes (certains vivaient dans le gymnase de Saint-Herblain) ont été expulsées. Une dizaine de cars de CRS avaient bouclé la rue Jules-Ferry, depuis 7h du matin. «On a entendu les policiers frapper très fort et une fenêtre a été cassée», raconte une petite fille de 10 ans.

Sans solution d'hébergement, les familles ont trouvé un point de chute dans la mairie annexe du quartier Doulon. « Ce n'est pas possible de laisser ces gens dehors, lance Jean-Paul Huard, conseiller municipal EELV. J'ai donc décidé d'ouvrir la salle des mariages en attendant que des solutions leur soient proposées par le 115. » « Des places vont être trouvées mais une fois de plus, c'est trop tard, et ça souligne l'incompétence de l'Etat. On aurait pu éviter cette expulsion et le traumatisme pour les enfants, dont certains sont scolarisés », se désole Corinne Ducleux, du collectif de soutien aux migrants. 

«Nouveau lieu d'accueil»

En parallèle, les autres occupants de la Maison du peuple ont annoncé «l'ouverture d'un nouveau lieu d'accueil dans le collège Bon-Conseil», depuis ce week-end. «Les habitants attendent le retour du propriétaire, la Providence, quant à la négociation d’un bail précaire, et craignent une expulsion toute aussi rapide», écrivent-ils. Le site doit laisser place à un projet commercial et immobilier.