Perpignan : Un rassemblement de soutien aux indépendantistes catalans condamnés

COLERE Les manifestants ont dénoncé les peines de 9 à 13 ans de prison prononcées lundi par la Cour suprême d’Espagne à l’encontre des neuf indépendantistes

N.B. avec AFP

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Un drapeau catalan, en Espagne (illustration)
Un drapeau catalan, en Espagne (illustration) — Miquel Benitez/REX/Shutterstock/SIPA

Entre 400 et 500 personnes selon la police, et environ 1.000 selon les organisateurs, se sont rassemblées lundi à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, en solidarité avec les dirigeants indépendantistes catalans condamnés en Espagne à de la prison, pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

Dénonçant les peines de 9 à 13 ans de prison prononcées lundi par la Cour suprême d’Espagne à l’encontre des neuf indépendantistes, les manifestants ont scandé « LLibertat presos politics » (« liberté pour les prisonniers politiques » en catalan), note l’AFP, ainsi que l’hymne catalan. La manifestation s’est déroulée dans le calme.

« Un jour très triste pour la démocratie »

De nombreux élus assistaient à ce rassemblement, dont le sénateur (LR) des Pyrénées-Orientales, François Calvet, qui a déploré lors des prises de parole un « jour très triste pour la démocratie ». « La liberté s’en va, c’est la liberté de nos enfants », a-t-il dit. « Nous sommes encore une fois indignés par ce qu’il se passe en Catalogne sud », a confié la présidente (PS) du département, Hermeline Malherbe. « Nous sommes inquiets, c’est à l’Europe de prendre ses responsabilités. Les solutions doivent être politiques », a-t-elle affirmé. Francesc Billocht, le représentant dans les Pyrénées-Orientales de l’ANC, l’Assemblée nationale catalane, une association indépendantiste, a annoncé que des manifestations auraient désormais lieu chaque jeudi à Perpignan.

Dans un communiqué publié avant ce rassemblement, la présidente PS d’Occitanie Carole Delga estime que « la solution en Catalogne doit être politique ». Selon l’élue, « c’est la seule qui amènera l’apaisement nécessaire pour permettre le dialogue et garantir la négociation. Face aux dangers extrémistes, l’Espagne démocratique doit faire le choix d’un dialogue politique afin d’amener une solution pérenne ».

Le maire (LR) de Perpignan Jean-Marc Pujol a estimé de son côté que « la Cour suprême espagnole [avait] rendu des sentences particulièrement lourdes ». « Les désirs des peuples, l’expression de chacun ne doivent être ni étouffés, ni humiliés, a-t-il ajouté dans un communiqué. Il convient, plus que jamais, de trouver le chemin de la conciliation et du dialogue pour ne pas tomber dans une crise qui pourrait être irréversible et éviter une fracture sociétale aux lourdes conséquences ».