L’arrivée d’un enfant entraîne des pertes de revenus pour les mères, rarement pour les pères, selon l’Insee

ETUDE Les femmes ont perdu un quart de leurs revenus salariaux cinq ans après l’arrivée d’un enfant par rapport à la situation où elles n’en auraient pas eu

20 Minutes avec agences

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Un bébé et sa mère. Illustration.
Un bébé et sa mère. Illustration. — Superstock Sipa

L’arrivée d’un enfant dans une famille se traduit par des pertes de revenus pour les mères, surtout pour celles ayant les plus bas salaires. C’est ce qu’indique ce jeudi une étude de l’Insee qui a comparé les revenus des salariés du secteur privé en France métropolitaine entre 2005 et 2015.

En moyenne, les femmes ont ainsi perdu 25 % de leurs revenus salariaux cinq ans après l’arrivée d’un enfant par rapport à la situation où elles n’en auraient pas eu. Les pères, eux, sont moins touchés par le phénomène.

Les bas salaires plus concernés

Il apparaît aussi que les femmes les moins bien rémunérées sont les plus affectées par des pertes de revenus. Pour les plus bas salaires, ces pertes s’élèvent à 38 % cinq ans après l’arrivée d’un enfant, tandis qu’elles sont quasi inexistantes pour les plus hauts salaires. Après l’arrivée d’un deuxième et d’un troisième enfant, elles s’élèvent à 50 % et 57 %.

Selon l’Insee, ces chiffres s’expliquent par les cessations définitives, les interruptions temporaires et les réductions d’activité des femmes, traduisant « davantage une décision des ménages plutôt qu’une discrimination de l’employeur ». Les écarts peuvent également être le fruit d'« une répartition des tâches inégalitaire après l’arrivée d’un enfant », mais aussi d’un calcul mettant en regard le coût de la garde des enfants et les revenus salariaux.

Aucun écart significatif pour les pères

En ce qui concerne les pères, aucun écart significatif n’est observé après la naissance d’un enfant, de deux ou de trois. Au contraire même. Cinq ans après l’arrivée de leur premier enfant, les hommes qui faisaient partie des salariés les mieux rémunérés ont un revenu salarial 17 % plus élevé que s’ils n’avaient pas eu cet enfant.

Selon l’Insee, cela conforte « les écarts de trajectoires entre les femmes et les hommes » au sommet de la hiérarchie. A noter qu’en France, les femmes sont payées en moyenne, tous postes confondus, 25 % de moins que les hommes.