« Marche de la colère » : Quatre policiers filmés se moquant de « gilets jaunes » blessés

FAKE OFF Des policiers ont manifesté le 2 octobre pour exprimer leur « colère », certains ont été filmés adressant des gestes dénigrant des blessures reçues par des « gilets jaunes ». « 20 Minutes » a vérifié ces images

Mathilde Cousin

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Des policiers ont manifesté à Paris le 2 octobre.
Des policiers ont manifesté à Paris le 2 octobre. — Capture d'écran YouTube
  • Quelque 22.000 à 29.000 policiers ont manifesté le 2 octobre à Paris pour exprimer le ras-le-bol de leurs conditions de travail.
  • Certains participants ont été filmés adressant des gestes dénigrants à des « gilets jaunes ».

Trois policiers qui se cachent un œil. Les captures d’écran de ces gestes sont devenues virales ce jeudi. « Les images de ces flics moquant les mutilations de leurs victimes sont glaçantes », écrit un internaute sur Twitter. Les images, sont tirées d'une vidéo du collectif Désarmons-Les, ont également été partagées sur Facebook.

Trois policiers ont été filmés dissimulant un œil.
Trois policiers ont été filmés dissimulant un œil. - Capture d'écran Twitter

Ces images peuvent surprendre. 20 Minutes les a vérifiées.

La vidéo a été tournée le 2 octobre, pendant la « manifestation de la colère ». Ce jour-là, 22.000 à 29.000 policiers ont défilé à Paris, entre les places de la Bastille et de la République pour dénoncer leurs conditions de travail. Cinquante policiers se sont suicidés depuis janvier.

« T’as un truc à l’œil là »

Les gestes de ces trois policiers sont visibles à partir de la huitième minute dans la vidéo. Alors que le cortège de policiers passe à côté de « gilets jaunes » qui brandissent des portraits d’éborgnés, un policier s’arrête pour porter la main à son œil gauche et lance en direction des « gilets jaunes » : « t’as un truc à l’œil là ». Un deuxième policier dissimule ensuite son œil droit et lance : « je ne vois pas ce qui est marqué ». Un troisième policier passe en dissimulant son œil gauche.

Le geste de ce dernier est également visible sur une seconde vidéo que nous avons retrouvée, postée par Street Politics. Dans cette vidéo, un quatrième policier adresse un geste vulgaire aux « gilets jaunes ». « La plupart des policiers se contentaient de huer ou de siffler, raconte à 20 Minutes Alexis Kraland, journaliste indépendant pour Street Politics. Certains s’approchaient des gilets jaunes, les prenaient en photo. »

Les « gilets jaunes » écartés au passage du cortège

Les manifestants se trouvaient sur un trottoir surélevé par rapport au cortège. Des « gilets jaunes » ont déroulé « une banderole au moment où la manifestation passait, se souvient Ian, de Désarmons-Les. La banderole n’est pas restée plus de trois minutes. Au moment où les portraits ont été sortis, des gendarmes [mobiles] sont arrivés et ont repoussé les contre-manifestants au coin d’une brasserie et les ont maintenus là jusqu’à la fin de la manifestation. » Une fois le cortège passé, les « gilets jaunes » ont été « raccompagnés dans une petite rue, ils ont eu un contrôle d’identité et ils ont été relâchés », ajoute Ian.

Ces « gilets jaunes » étaient une vingtaine, estiment Ian et Alexis Kraland. Julien, un de ces contre-manifestants, avait expliqué à notre reporter présent à la manifestation vouloir « rappeler aux flics qui manifestent toutes les violences qu’ils ont commises depuis dix mois ».

Les policiers filmés défilaient dans le cortège du syndicat Alliance. Contacté par 20 Minutes, le syndicat, deuxième syndicat dans la police, n’a pas donné suite à nos demandes. Un responsable a expliqué à Libération ne pas vouloir « rentrer dans une polémique stérile » sur ces gestes. Le responsable rappelle le « contexte du malaise policier » et n’a pas dit si les policiers ont fait l’objet d’un rappel à l’ordre.

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