Montauban : La maire demande une démoustication de toute la ville... et se voit opposer un refus

SANTE Après avoir recensé trois cas de dengue au cours des trois derniers mois, Brigitte Barèges demande au préfet une démoustication totale de la ville. Et c’est loin d’être d’actualité

Beatrice Colin

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Le moustique-tigre est présent dans à Montauban.
Le moustique-tigre est présent dans à Montauban. — LODI FRANCK/SIPA
  • Depuis quatre ans, le moustique-tigre est présent dans le Tarn-et-Garonne.
  • Après trois cas de dengue au cours des trois derniers mois, la maire de Montauban demande aux services de l’Etat une démoustication totale de la ville.
  • Dans un communiqué, le préfet lui oppose une fin de non-recevoir.

Haro sur le moustique-tigre. Trois cas de dengue en trois mois ont été recensés sur la ville de Montauban, dans le Tarn-et-Garonne. Beaucoup trop pour sa maire LR, Brigitte Barèges. L’élue a décidé de saisir les autorités compétentes.

Dans une lettre ouverte adressée au préfet et directeur de l’Agence régionale de santé d’Occitanie, elle leur demande de procéder à une démoustication totale de la ville.

Une demande qu’elle avait déjà formulée après le premier cas de dengue déclaré le 24 juillet dernier. A l’époque, le préfet avait procédé à une opération de démoustication des deux quartiers concernés, respectant le cadre réglementaire des 150 m autour du site touché. Au grand regret de l’édile qui aurait aimé que l’ensemble de la commune soit traité.

« Le problème, c’est que mes craintes se sont malheureusement avérées fondées puisque postérieurement, deux autres cas ont été diagnostiqués », plaide Brigitte Barèges, déplorant à nouveau que seuls les lieux où les cas ont été recensés soient concernés par les opérations. Et d’indiquer que « les traitements opérés ont été inopérants et en tout cas trop partiels ainsi que dénoncé ».

« Sentiment anxiogène artificiel »

Une lettre ouverte à laquelle le préfet, Pierre Besnard, a peu goûté. Dans un long communiqué, il met les choses au point. En commençant par indiquer que ces « cas de dengue ne sont pas liés entre eux ».

« Un traitement contre les insectes adultes pour diminuer la densité de moustique aurait un effet temporaire. Les larves et les œufs non touchés par ces traitements engendreraient de nouvelles générations de moustiques quelques jours plus tard. Les traitements seraient à renouveler. Or, la répétition de traitements induirait un phénomène de résistance. Il est donc important de réserver exclusivement l’usage de ces traitements à la prévention de départ d’épidémie », souligne le représentant des services de l’Etat.

Avant de conclure en forme de tacle : « En termes de santé publique, la création d’un sentiment anxiogène artificiel ne semble pas une bonne méthode et par ailleurs, la demande de madame le maire de procéder à une démoustication générale risquerait d’avoir l’effet inverse à celui recherché ».