Attaque au couteau à la préfecture de Paris : Une clé USB retrouvée dans le bureau de Mickaël Harpon contenait les coordonnées de ses collègues

ENQUETE Le support numérique retrouvé dans le bureau de l’auteur de la tuerie de la préfecture de police de Paris contenait « des coordonnées et des données personnelles » sur plusieurs dizaines d’autres employés

M.C.

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Les premiers éléments de l'enquête et un rapport interne de la PP dessinent le portrait d'un homme bien intégré dont le comportement, malgré quelques signaux, n'avait pas inquiété sa hiérarchie.
Les premiers éléments de l'enquête et un rapport interne de la PP dessinent le portrait d'un homme bien intégré dont le comportement, malgré quelques signaux, n'avait pas inquiété sa hiérarchie. — Bertrand GUAY / AFP

Une découverte qui soulève de nouvelles interrogations sur le niveau de radicalisation et les motivations de Mickaël Harpon. Selon les informations de 20 Minutes, les enquêteurs ont trouvé lors de la perquisition du bureau de l’auteur de la tuerie à la préfecture de police de Paris une clé USB contenant des vidéos de propagande de Daesh, mais surtout « des coordonnées et des données personnelles » sur plusieurs dizaines d’employés de la préfecture de police de Paris.

« Rétrospectivement, ça fait tout de même froid dans le dos », déclare l’un de ses anciens collègues à nos confrères du Parisien. Les enquêteurs, précise le journal, cherchent à savoir comment il les a obtenues, et s’il avait l’intention de les transmettre.

« Totalement inséré » dans son équipe

Les premiers éléments de l’enquête et un rapport interne de la PP dessinent le portrait d’un homme bien intégré dont le comportement, malgré quelques signaux, n’avait pas inquiété sa hiérarchie. En 2015, Mickaël Harpon a eu, selon le rapport, « une vive querelle » avec un collègue au sujet de l’attaque meurtrière contre le journal satirique Charlie Hebdo en janvier. « C’est bien fait », aurait-il déclaré. L’incident est rapporté verbalement en juillet 2015 à un fonctionnaire de la Sous-Direction de la sécurité intérieure (SDSI) chargé des signalements de radicalisation, mais n’est pas formalisé.

En l’absence d’autres éléments inquiétants, les collègues de Mickaël Harpon et les membres de la SDSI mis au courant s’accordent à dire qu’il n’y avait « aucun souci » avec lui. A l’époque, son habilitation secret défense avait déjà été renouvelée depuis deux ans et était valable jusqu’en avril 2020. Les témoignages les plus récents assurent qu’il « était totalement inséré » dans son équipe, conclut le rapport.