Attaque à la préfecture de Paris : Radicalisation, SMS, passage à l'acte... Ce que l'on sait sur le mode opératoire de l'assaillant

ENQUETE Le procureur antiterroriste, Jean-François Ricard, s’est exprimé ce samedi sur l’attaque au couteau à la préfecture de police de Paris

V.R.B. avec AFP

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Le procureur de Paris de la section antiterroriste s'est exprimé ce samedi.
Le procureur de Paris de la section antiterroriste s'est exprimé ce samedi. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

On en sait plus sur Mickaël H. et son mode opératoire. L’auteur de l’attaque qui a tué jeudi quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris, « aurait adhéré à une vision radicale de l’islam » et était en contact avec des individus de la « mouvance islamiste salafiste », a indiqué ce samedi Jean-François Ricard, procureur antiterroriste.

Les premières investigations ont relevé son « approbation de certaines exactions commises au nom de cette religion », « son souhait de ne plus avoir certains contacts avec des femmes », « sa justification » des attentats de Charlie Hebdo en 2015, « son changement d’habitude vestimentaire depuis quelques mois », a déclaré le procureur antiterroriste.

« Des contacts avec la mouvance islamiste »

L’informaticien de 45 ans qui travaillait depuis 2003 à la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP), abandonnait en effet « toute tenue occidentale au profit d’une tenue traditionnelle pour se rendre à la mosquée », a expliqué le procureur Jean-François Ricard. Les investigations ont « permis de faire apparaître des contacts entre l’auteur des faits et plusieurs individus, susceptibles d’appartenir à la mouvance islamiste ».

Cet homme au casier judiciaire vierge mais qui avait fait l’objet d’une procédure pour violences conjugales en 2009 s’était converti à l’islam il y a « une dizaine d’années », a précisé Jean-François Ricard, qui a décrit dans le détail le parcours du tueur jeudi, évoquant une scène « d’une extrême violence ».

Mode opératoire, échanges de SMS…

On sait désormais que l’assaillant a acheté le matin même de l’attaque deux couteaux, un « couteau de cuisine métallique » de 33 cm, et « un couteau à huîtres », qu’il a dissimulés sur lui. C’est à l’aide de ces couteaux qu’il a attaqué, entre 12h53 et 13h, plusieurs de ses collègues, avant d’être abattu par un policier stagiaire dans la cour de la préfecture.

L’étude de la téléphonie de son épouse, dont la garde à vue (commencée jeudi) a de nouveau été prolongée samedi pour quarante-huit heures, a révélé que le couple avait « échangé 33 SMS, le matin des faits entre 11h21 et 11h50 ».

« Au cours de cette conversation, l’auteur des faits a tenu des propos à connotation exclusivement religieuse qui se sont terminés par ces deux expressions : "Allahou akbar" puis "Suis notre prophète bien aimé, Mohamed, et médite le Coran" », a relaté le procureur. L’assaillant aurait, selon les témoignages dans son entourage, tenu « des propos similaires dans la nuit », a indiqué le procureur.