Glyphosate : Plus de 40 plaintes déposées à La Rochelle pour « mise en danger de la vie d’autrui »

PESTICIDES Ces plaintes ciblent les instances européennes et les fabricants de pesticides

20 Minutes avec AFP

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(Illustration) Un agriculteur français pulvérise l'herbicide à base de glyphosate "Roundup 720" fabriqué par le géant de l'agrochimie Monsanto, à Saint Germain-sur-Sarthe, dans le nord-ouest de la France.
(Illustration) Un agriculteur français pulvérise l'herbicide à base de glyphosate "Roundup 720" fabriqué par le géant de l'agrochimie Monsanto, à Saint Germain-sur-Sarthe, dans le nord-ouest de la France. — AFP

Quarante-deux plaintes ont été déposées à ce jour à La Rochelle pour « mise en danger de la vie d’autrui » dans le cadre d’une opération d’analyse des taux de glyphosate dans les urines lancée par l’association Campagne Glyphosate dans plusieurs villes de France, a-t-on appris ce vendredi auprès des plaignants.

Après une première série de plaintes au cours des derniers mois, neuf militants écologistes ont, à leur tour, saisi collectivement la justice ce vendredi après des analyses pratiquées sur leurs urines, portant à 42 le nombre de plaignants en Charente-Maritime.

Les instances européennes et les fabricants de pesticides visés

Ces plaintes déposées au tribunal de grande instance de La Rochelle visent des faits de « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée » et « atteinte à l’environnement » et ciblent les instances européennes et les fabricants de pesticides.

« Je porte plainte en mon nom contre dix ans d’inaction », a expliqué Dominique Chevillon, président du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) de Nouvelle-Aquitaine, qui a fait analyser ses urines avec huit autres « pisseurs volontaires ». Bilan du test : 0,86 nanogramme par millilitre d’urine pour lui, 1,74 pour le député européen Benoît Biteau (EELV) et 1,34 pour le président de Nature Environnement 17, Patrick Picaud, contre 1,06 ng, le taux observé en moyenne chez les « pisseurs » au début de l’année.

« Près de 2.500 » dépôts de plaintes en France

« Nous avons dépassé les 5.400 analyses et déjà près de 2.500 ont donné lieu à des dépôts de plaintes en France », a indiqué Dominique Masset, cofondateur de la Campagne Glyphosate.

Les militants demandent des poursuites contre tous les responsables en activité de firmes fabricant des pesticides à base de glyphosate, et les responsables d’organismes ayant contribué à leur mise sur le marché, entre les 3e trimestre 2017 et 1er trimestre 2018, soit à la période du renouvellement de mise sur le marché du glyphosate, en novembre 2017.

Le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume avait qualifié mi-janvier « d’inquiétante » la présence de glyphosate dans les urines des Français, rappelant que la France s’est engagée à sortir de ce désherbant à large spectre d’ici à 2021.

Classé comme « cancérogène probable »

Le glyphosate a été classé comme « cancérogène probable » en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Mais en novembre 2015, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) estimait « improbable » qu’il présente un danger cancérogène pour l’homme, et l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) est allée dans le même sens en 2017.