Attaque au couteau à la préfecture de police : Le parquet national antiterroriste se saisit de l’enquête

ENQUETE Un agent administratif a attaqué mortellement plusieurs policiers à l’arme blanche dans l’enceinte de la préfecture de police de Paris, jeudi

S. A. et T. C. avec AFP

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Un homme a agressé à l'arme blanche plusieurs policiers à la préfecture de police de Paris, le 3 octobre 2019.
Un homme a agressé à l'arme blanche plusieurs policiers à la préfecture de police de Paris, le 3 octobre 2019. — Martin BUREAU / AFP

Au lendemain de l’attaque à l’arme blanche dans l’enceinte de la préfecture de Police perpétrée par un agent de la Direction du renseignement, qui a coûté la vie à quatre policiers, le parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé se saisir de l’enquête, menée jusqu’alors par le parquet de Paris. La piste de la radicalisation semble désormais privilégiée.

« Au regard des éléments rassemblés à ce stade des investigations par les enquêteurs de la brigade criminelle, le parquet national antiterroriste s’est saisi, ce soir, de l’enquête ouverte à la suite des faits commis hier à la préfecture de police », a confirmé le parquet de Paris à 20 Minutes.

L’enquête a été reprise sous les qualifications d'« assassinat et tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste », ainsi que pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », est-il précisé.

Soupçons de radicalisation

La proximité de cet informaticien de 45 ans, converti à l’islam depuis plusieurs mois, avec des personnes appartenant à la mouvance salafiste intriguent ainsi les enquêteurs de la brigade criminelle, selon des sources concordantes.

L’étude de la téléphonie a par ailleurs mis les enquêteurs sur la piste de la préparation d’un acte violent par cet homme employé dans un service qui avait notamment pour mission le recueil d’information sur la radicalisation djihadiste, rapportent des sources proches du dossier. L’assaillant a par ailleurs acheté le couteau de cuisine le jour même de l’attaque, accréditant l’hypothèse d’un acte prémédité.

Il était en poste à la préfecture de police depuis 2003

Jeudi, entre 12h30 et 13 heures, Mickaël H., un agent administratif de 45 ans, a mené une croisade sanglante au sein même de la Préfecture de police (PP) de Paris. Il s’est d’abord attaqué à trois fonctionnaires dans les bureaux de son service situé au 1er étage du bâtiment. Le major Damien E., 50 ans, le gardien de la paix Brice L. et l’adjoint administratif Anthony L., 38 ans tous les deux, n’ont pas survécu aux coups de couteau qu’il leur a assénés. Dans les escaliers qu’il emprunte pour quitter les lieux, il croise Aurélia T., une gardienne de la paix de 39 ans, affecté à la DSPAP (direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne) et la frappe mortellement. Il a également blessé ensuite grièvement une agente administrative dépendant de la direction des ressources humaines, dont les jours ne sont plus en danger.

L’homme, qui a tué jeudi à coups de couteau quatre fonctionnaires [trois hommes et une femme] de la préfecture de police de Paris, avant d’être abattu, travaillait en tant qu’informaticien au service technique de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) et souffrait de surdité.