Vigilo, l'appli mobile qui aide les cyclistes à signaler des abus dans la rue

TRANSPORTS L'application citoyenne est utilisée dans sept villes françaises, dont Nantes récemment

Frédéric Brenon

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Un cycliste effectue un signalement sur l'appli Vigilo, à Nantes.
Un cycliste effectue un signalement sur l'appli Vigilo, à Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • L’appli mobile Vigilo permet de signaler des défauts d’aménagement ou des incivilités sur l’espace public.
  • Les observations sont faites aux bénéfices des cyclistes, piétons ou personnes à mobilité réduite.
  • Objectif : faire pression sur les collectivités afin d’améliorer la sécurité sur la voirie ;

Piste cyclable mal fichue, carrefour dangereux, voiture gênante, appui vélo inexistant… Le quotidien des cyclistes urbains n’est pas toujours une sinécure. Certains d’entre eux ont l’habitude de raconter leurs mésaventures sur les réseaux sociaux, parfois de manière virulente. Mais ces signalements isolés ne suffisent pas à constituer une base de données exploitable.

Voilà pourquoi plusieurs associations de cyclistes françaises, dont Place au vélo​ à Nantes, ont décidé de lancer Vigilo, une application mobile citoyenne accessible à tous. Conçue en mai à Montpellier, elle permet de « faire remonter et de cartographier les difficultés quotidiennes observées » dans la rue par les cyclistes mais aussi les piétons, personnes à mobilité réduite ou utilisateurs de trottinettes.

L’objectif ? Pousser les collectivités à agir

Une photo, une adresse, un commentaire : en une quinzaine de secondes, le signalement est effectué. Il est ensuite publié, après un contrôle des modérateurs. « Les plaques d’immatriculation et les visages sont systématiquement floutés. Les propos inadaptés sont retirés », explique Julien Le Rudulier, bénévole à Place au vélo.

A Nantes, où l’appli fonctionne depuis cinq jours, près de 500 signalements ont déjà été recensés. « C’est énorme. Ça veut dire qu’il y a une attente de la communauté et que de nombreux dangers demeurent. » En tête de requêtes : les stationnements gênants, les aménagements inadaptés et les défauts d’entretien.

« Ça donne une indication précise des zones où il faudrait intervenir. L’objectif est que les collectivités s’emparent de ces données publiques et qu’elles apportent des réponses. Ça peut être de la verbalisation, un aménagement à créer ou à revoir… Ce n’est plus de notre ressort. Nous, on veut juste que la situation s’améliore. »

« De plus en plus d’accidents »

Les esprits critiques diront que Vigilo s’assimile à de la délation. « On ne s’intéresse pas aux comportements individuels, on ne cherche pas à faire la police, se défend Julien Le Rudulier. On signale simplement des mises en danger. » « Le nombre de cyclistes augmente mais il y a aussi de plus en plus d’accidents, notamment avec délit de fuite, insiste Annie-Claude Thiolat, présidente de Place au vélo. Si on veut que la pratique augmente, la priorité est de sécuriser les déplacements. ».

Nantes métropole n’est pas vexée par l’arrivée de l’appli. Elle la juge, au contraire, « complémentaire » de ses propres outils. « On va voir comment on peut exploiter les remarques et y répondre, réagit Thomas Quéro, adjoint au maire de Nantes. On poursuit le même objectif : améliorer le réseau pour développer la pratique du vélo. »

Et les incivilités des cyclistes ?

Les cyclistes ne sont évidemment eux-mêmes pas exempts de tous reproches. Les incivilités les plus répandues sont les défauts d’éclairage, la circulation sur les trottoirs et le non-respect des feux rouges. « Le vélo donne un sentiment de liberté mais on ne peut pas faire n’importe quoi sur la route, rappelle Annie-Claude Thiolat, présidente de Place au vélo. Les mauvais comportements nuisent à l’ensemble de la communauté. Nous constatons que ce sont souvent de nouveaux pratiquants qui commettent des infractions. »