Toulouse : Des classes à 36 élèves, les enseignants de trois lycées expriment leur ras-le-bol

EDUCATION Les enseignants de trois lycées toulousains ont décidé de débrayer ce mardi pour dénoncer les effectifs surchargés des classes de seconde

Béatrice Colin

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Les enseignants du lycée Rive-Gauche ont débrayé ce mardi matin.
Les enseignants du lycée Rive-Gauche ont débrayé ce mardi matin. — DR
  • La majorité des enseignants des lycées toulousains Rive-Gauche, Déodat et Arènes ont décidé de débrayer ce mardi pour dénoncer leurs conditions de travail.
  • Depuis la rentrée, les classes de seconde de ces établissements sont surchargées alors que la majorité de leurs élèves sont issus de collèges d’éducation prioritaire.
  • La directrice académique des services de l’Éducation nationale assure comprendre leur inquiétude et réfléchir à l’amélioration de la mixité sociale dans ces établissements.

Ils estiment ne plus pouvoir remplir correctement leur mission. Un mois après la rentrée scolaire, les enseignants des lycées Rive-Gauche, des Arènes et Déodat de Toulouse​ ont décidé de débrayer ce mardi.

Depuis la rentrée, ces établissements sont confrontés à des classes surchargées, atteignant les 36 élèves en seconde où la réforme du lycée se met en place difficilement.

« Nos élèves sont majoritairement issus de l’éducation prioritaire et concentrent des difficultés scolaires et sociales. Nous ne sommes plus en capacité de leur apporter toute l’aide et l’attention auxquelles ils ont droit et dont ils ont besoin. Les résultats décevants au baccalauréat 2019 ne font que renforcer notre conviction », soulignent les enseignants du lycée Rive-Gauche pour qui « les conditions de travail se dégradent » et les arrêts maladie se multiplient.

Situé à proximité du quartier du Mirail, cet établissement est confronté à une baisse de la mixité sociale de ses effectifs depuis l’ouverture il y a quelques années du lycée de Tournefeuille. Pour enrayer ce phénomène, des options ont été ouvertes pour attirer de nouveaux élèves, sans ce que les effets soient tangibles.

Après une rencontre en mai dernier avec la directrice académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), les choses n’ont pas évolué selon les enseignants qui ont décidé de manifester devant le rectorat ce mardi.

Améliorer l’attractivité et la mixité

« Leur action est la traduction d’une inquiétude réelle. Lors de la préparation de la rentrée du lycée Rive-Gauche, nous avons identifié cette difficulté sociale et nous avons veillé à la compenser en accordant plus de moyens. Ils n’ont pas été utilisés pour créer une autre division mais pour le maintien d’options qui doivent permettre de mixer le public, c’est un choix qui a été fait par l’établissement », relève Elisabeth Laporte, la Dasen.

Cette responsable assure qu’elle travaille avec les chefs de ces établissements sur l’offre de formation pour les rendre plus attractifs, ainsi que sur la sectorisation.

Les enseignants ont demandé une audience ce mardi. En vain. La Dasen indique qu’elle les recevra avec les représentants des directions des lycées lorsqu’elle aura les constats d’effectifs définitifs ainsi que toutes les données sur ces lycées, leurs secteurs ou encore les stratégies d’évitement de certains parents.