Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : Les résultats d’analyses donnés sous deux jours, les indemnisations sous dix jours

RAPPORT La commercialisation du lait et d’autres productions agricoles a été interdite par la préfecture de Seine-Maritime, dès jeudi, quelques heures après l’incendie de l’usine Lubrizol

20 Minutes avec AFP

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L'usine Lubrizol, classée Seveso, a pris feu dans la nuit de mercredi à jeudi à Rouen.
L'usine Lubrizol, classée Seveso, a pris feu dans la nuit de mercredi à jeudi à Rouen. — Jean-Jacques GANON / AFP

Face à l’inquiétude de la population après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, a annoncé, ce mardi, que les résultats d’analyses sur les suies et la pollution seraient publiés « demain ou après-demain ». Le gouvernement a également assuré que les premières indemnisations d’agriculteurs devraient intervenir sous dix jours.

« Nous savons quels étaient les produits qu’il y avait dans l’usine Seveso » qui a brûlé, a affirmé le ministre de l’Agriculture sur BFM, mais la dangerosité des résidus et suies sera déterminée par les analyses.

Le principe du « pollueur-payeur devra s’appliquer », annonce Didier Guillaume

En attendant, l’interdiction de commercialisation du lait et autres productions agricoles prononcées par le préfet relève du « principe de précaution », a-t-il dit. « Ce n’est pas aux éleveurs de jeter leur lait, c’est aux entreprises de collecte de venir collecter leur lait. Ce n’est pas cela, la vie d’éleveur. Il faut que les entreprises de collecte viennent traiter le lait, elles seront indemnisées », a averti Didier Guillaume.

« Pour les agriculteurs, dès la semaine prochaine ou dans les dix jours, nous aurons les premières avances qui seront apportées », a assuré le ministre, selon lequel in fine, le principe du « pollueur-payeur devra s’appliquer ».

La mise sur le marché des productions végétales et animales suspendue

L’usine Lubrizol, où travaillent environ 400 personnes, fabrique des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industriels. Elle a été classée « Seveso seuil haut » ce qui signale sa dangerosité majeure et implique qu’elle bénéficie d’une surveillance particulière.

A la suite de l’incendie, les préfectures de Seine-Maritime, de la Somme, de l’Oise et de l’Aisne ont pris des arrêtés pour suspendre la mise sur le marché des productions végétales et animales à compter du 26 septembre en raison de la pollution. Des milliers d’hectares sont concernés : en Seine-Maritime, 112 communes sont touchées, 39 dans la Somme, 40 dans l’Oise et 14 dans l’Aisne, avait indiqué lundi soir le syndicat agricole Confédération paysanne après un entretien avec le préfet.