Mort de Chirac: «Adieu président, vous nous manquez déjà»... Les Français très nombreux aux Invalides

POLITIQUE Plusieurs milliers de Français ont bravé la pluie ce dimanche pour saluer la mémoire de Jacques Chirac, lors d'une cérémonie populaire aux Invalides

Hakima Bounemoura

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Plusieurs milliers de Français ont bravé la pluie ce dimanche pour saluer la mémoire de Jacques Chirac.
Plusieurs milliers de Français ont bravé la pluie ce dimanche pour saluer la mémoire de Jacques Chirac. — Francois Mori
  • Un hommage populaire était rendu ce dimanche aux Invalides à Jacques Chirac, décédé jeudi à l'âge de 86 ans.
  • Le cercueil de l'ex-chef de l'Etat, couvert d’un drapeau bleu blanc rouge, était exposé à l’entrée de la cathédrale Saint-Louis des Invalides.
  • Plusieurs milliers de personnes ont bravé la pluie pour lui rendre un dernier hommage.
  • Les Invalides resteront ouverts toute la nuit, jusqu'à 7 heures lundi matin.

Elles ont bravé le froid et la pluie. Plusieurs milliers de personnes sont venues rendre ce dimanche aux Invalides un dernier hommage à Jacques Chirac, décédé jeudi à l’âge de 86 ans. Le cercueil de l’ex-chef de l’Etat, couvert d’un drapeau bleu blanc rouge, était exposé à l’entrée de la cathédrale Saint-Louis des Invalides, veillé par quatre gardes républicains. Pour y parvenir, les gens ont dû s’armer de beaucoup de patience.

« Cela fait trois heures que nous sommes là. Mais nous sommes prêts à attendre jusqu’à la tombée de la nuit s’il le faut », explique Xavier, croisé devant les grilles bleues de la cour pavée des Invalides. « C’était un grand homme, c’est donc normal que nous lui fassions un grand hommage ». Comme lui, des milliers de visiteurs ont patienté des heures sous une fine pluie pour parvenir jusqu’à la cathédrale.

« Adieu président, vous nous manquez déjà »

Beaucoup n’étaient pas venus les mains vides. Certains avaient amené des pancartes, des fleurs, et même des pommes… D’autres étaient venus avec le drapeau français, pour saluer un personnage « qui restera dans les livres d’histoire ». « C’était un grand président, un rassembleur, un homme tolérant, épris de liberté, qui défendait des valeurs universelles. C’était un père de la Nation », explique Nadia, venue avec son fils Mathis, enroulé dans un drapeau tricolore.

« Adieu président, vous nous manquez déjà »… Avec sa pancarte visible à des centaines de mètres, Lucie, elle, aussi, a tenu à dire au revoir à l’ancien président. « Je suis arrivée en France en 1999, quand il était président. J’en garde un souvenir très particulier », explique-t-elle. « Il dégageait une forme de bienveillance au contact des gens. Et puis c’était un amoureux de la culture asiatique. C’est quelque chose qui m’a beaucoup rapproché de lui », ajoute Lucie, visiblement très émue.

Un homme de « stature internationale »

Manuel, Franco-Portugais âgé de 47 ans, garde surtout le souvenir de l’opposition de Jacques Chirac à la guerre en Irak. « C’est probablement la plus grande action qu’il ait faite. A l’époque, ça m’a rendu fier d’être Français ». Croisé quelques mètres plus loin, Dominique, pancarte à la main, rappelle que Jacques Chirac est l’un des premiers chefs d’Etat à avoir alerté sur les dangers climatiques. « C’était un homme de stature internationale. ''Notre maison brûle'', c’était en 2002 à Johannesburg. Il a le mérite d’avoir posé le problème sur la scène mondiale », explique-t-il.

Dans la file d’attente, qui s’étendait sur des centaines de mètres, certains se sont montrés plus critiques. « Ce n’était pas un homme qui a mené de grandes réformes. Mais c’était plutôt un bon communicant », confie René, un retraité de 66 ans, originaire des Yvelines. « Il a fait des choses pas terribles quand même. On se souvient tous « du bruit et de l’odeur », des essais nucléaires en Polynésie, et de ces déboires judiciaires… Mais c’est quelqu’un qui a marqué l’histoire de la France, et mon histoire. Et c’est pour ça que je suis là », ajoute Françoise, enseignante à Paris.

Des selfies devant le cercueil...

Dans la cour des Invalides, devant l’entrée de la cathédrale, l’ambiance était plus solennelle. La voix grave de l’ancien président résonnait entre les quatre murs de la cour. Des enceintes diffusaient ses anciens discours, entrecoupés de la suite n°1 de Bach au violoncelle. Les visiteurs ont également pu redécouvrir, dans un petit livret distribué à l’entrée, des citations de Jacques Chirac, des extraits de poésies qu’il aimait et de cours textes décrivant l’homme et ses journées… « C’est très émouvant, c’est difficile de retenir ses larmes », explique une vieille dame, assis sur un banc à l’entrée de la cathédrale.

Ceux qui le souhaitaient étaient aussi invités à venir signer les registres de condoléances, qui étaient jusqu’ici disposés à l’Elysée. « Je viens de loin, du sud de la France. Je ne pouvais pas repartir sans écrire un mot, et remercier ce grand homme pour tout ce qu’il a fait », explique Josiane, qui quelques minutes auparavant, s’était recueillie portable à la main, devant la dépouille de l’ex-chef de l’Etat. Comme elle, de nombreux badauds se sont pris en selfie devant le cercueil de Jacques Chirac. Pour garder « un souvenir », explique-t-elle. « Ce n’est pas interdit, mais pas très respectueux », a confié un officier en charge de l’organisation de l’événement.

Cet hommage populaire, voulu par la famille de l’ancien président, devrait se prolonger toute la journée. « Tant qu’il y aura du monde, ça restera ouvert, jusque tard dans la nuit s’il le faut », indique-t-on à l’Élysée. « La seule limite est 7 heures du matin lundi », heure à laquelle les Invalides refermeront leurs portes pour laisser la famille rendre hommage à Jacques Chirac dans l’intimité, avant les honneurs militaires, en présence d’Emmanuel Macron.