La solitude des personnes âgées plus grande dans les petites villes et les quartiers «sensibles»

AGE D'OR Selon l'association Les Petits Frères des pauvres, à l’origine de l’étude, les séniors en zone rurale pâtissent par ailleurs d’un manque de services du quotidien et de transports

20 Minutes avec AFP

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Un couple de personnes âgées se prend en selfie sur la côte Atlantique.
Un couple de personnes âgées se prend en selfie sur la côte Atlantique. — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

Le sentiment de solitude touche davantage les personnes âgées dans les quartiers dits « sensibles » (32 %) et dans les petites villes de 2.000 à 20.000 habitants et habitantes (31 %), souligne une étude CSA publiée dimanche par l’association Les Petits Frères des pauvres. En moyenne, les plus de 60 ans sont 27 % à dire souffrir de la solitude.

Le ressenti de solitude est comparable dans les campagnes et dans les villes, relève l’association, observant que les populations des zones rurales bénéficient certes de « solidarités plus fortes », mais qu’ils pâtissent par ailleurs d’un « manque de services du quotidien et de transports qui renforce l’isolement ». Les aînés et aînées installées dans les petites et moyennes villes, elles, cumulent les désavantages des zones rurales, comme la « raréfaction des services publics et des services de proximité », avec ceux des grandes zones urbaines, où les relations de voisinage et les solidarités sont plus faibles.

« L’industrie de la compagnie »

Les seniors installés dans les banlieues, de leur côté, ont souvent une « perception négative de leur environnement » qui renforce leur « sentiment de solitude et d’isolement » – lequel atteint d’ailleurs 45 % des résidents de HLM âgés de 60 ans et plus. Dans les quartiers prioritaires, comme ailleurs, la population vieillit, mais « les politiques mises en place continuent à se focaliser essentiellement » sur les plus jeunes, déplore le rapport, pour qui « les aînés sont tout simplement en train de devenir les grands oubliés des quartiers ».

Pour lutter contre la solitude des seniors, les Petits Frères des pauvres préconisent des politiques visant à « faciliter les mobilités de proximité », par exemple en développant les transports à la demande, mais aussi en aménageant l’espace public par des bancs ou des trottoirs mieux adaptés aux personnes à mobilité réduite.

L’association dénonce par ailleurs l’apparition d’une « industrie de la compagnie », qui propose des « prestations commerciales promettant de lutter contre l’isolement de nos aînés », par des parties de cartes ou des visites « de courtoisie »… payantes. Pour la déléguée générale de l’association, Armelle de Guibert, « le remède contre l’isolement des personnes âgées, c’est nous tous ».

Enquête réalisée par l'institut CSA auprès d’un échantillon représentatif de 1.503 personnes âgées de 60 ans et plus (méthode des quotas).