Chirac : Les « gilets jaunes » indulgents pour l’homme, pas pour sa politique

AU REVOIR Des « gilets jaunes » ont rendu hommage samedi à Jacques Chirac à Nice ou Toulouse, certains gardant un bon souvenir de l’homme, mais pas de ses actions.

20 Minutes avec AFP

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Des « gilets jaunes » jettent une marionnette à l'effigie d'Emmanuel Macron, à Nice, le 28 septembre 2018.
Des « gilets jaunes » jettent une marionnette à l'effigie d'Emmanuel Macron, à Nice, le 28 septembre 2018. — Valery HACHE/AFP

« Notre démocratie brûle, vous regardez ailleurs » peut-on lire sur la pancarte de Laurent, « gilet jaune » à Toulouse. « C’est Chirac et son "la maison brûle et nous regardons ailleurs" qui m’a inspiré » explique l’homme de 48 ans, chasuble sur le dos. « Mais mis à part qu’il était bien sympathique parce qu’il n’a pas suivi les Américains sur l’Irak, il n’a rien fait. Rien pendant ses 12 ans de mandat » entre 1995 et 2007, estime-t-il.

Selon Francis, lui aussi venu défiler dans les rues de la Ville rose, « avec Chirac, c’était beaucoup mieux ». Emmanuel Macron, « un apprenti » à ses yeux, n’aurait pas su dire « non » aux Américains.

« Il n’y a pas de comparaison possible avec Macron »

A Nice, Joëlle Cerruti, fonctionnaire territoriale et « gilet jaune » de la première heure, tresse des lauriers au président défunt, à qui un hommage populaire sera rendu dimanche à Paris : « il était proche de son peuple, il a été un politicien formidable, j’ai voté pour lui, je l’ai aimé, ça n’a rien à voir avec les politiciens d’aujourd’hui ». « Il n’y a pas de comparaison possible avec Macron, c’est le diable et l’ange », lance-t-elle.

A ses côtés, Franck, employé de médiathèque de 43 ans, se dit aussi « plus angoissé avec notre président actuel qu’avec des gens comme Chirac », avec qui « on avait l’impression qu’il ne jouait pas la comédie ». Mais « sur sa politique, je suis plus réservé, je pense qu’il n’a pas fait grand-chose ». « Il a eu de belles paroles sur la fracture sociale, sur le climat et tout, mais qui n’ont pas été suivies d’actes forts », regrette-t-il.

« Chirac, c’est une autre époque », résume Marie, retraitée de 66 ans à Toulouse. « Mais au moins avec lui, la police n’était pas si dure », ajoute cette femme, condamnant une « répression » vis-à-vis des « gilets jaunes ».