Des observateurs de la LDH, à Toulouse, le 17 novembre 2018.
Des observateurs de la LDH, à Toulouse, le 17 novembre 2018. — Frederic Scheiber/SIPA

MANIFESTATION

« Gilets jaunes » en Occitanie : Des échauffourées éclatent avec la police

Des heurts se sont produits à Toulouse et Montpellier

Ils étaient près d’un millier à défiler de nouveau dans la Ville rose. Comme chaque samedi, à Toulouse, le cortège de « gilets jaunes » s’est élancé à 14h, derrière la banderole « Marre de survivre, on veut vivre » avant que n’éclatent des échauffourées.

Les forces de l’ordre ont été la cible de « projectiles, d’outrages et d’injures » et ont procédé à cinq interpellations, selon la préfecture. Dans un communiqué, l’Observatoire des pratiques policières (OPP) de Toulouse, coparrainé par la Ligue des droits de l’homme (LDH), a fait part d’un « nouveau blessé » parmi ses membres, par les forces de l’ordre.

Nuage de fumée place du Capitale

A leur arrivée sur la place du Capitole, où se déroulait une manifestation dédiée aux seniors, les « gilets jaunes » ont fait face aux forces de l’ordre, qui ont fait usage à plusieurs reprises de grenades lacrymogènes, noyant la place sous un épais nuage de fumée et créant des mouvements de panique parmi les badauds.

Aux cris d’« Anticapitaliste », un des slogans rituels à Toulouse, les manifestants s’étaient auparavant arrêtés devant un McDonald’s, où un parasol a été enflammé, tandis que les vigiles tentaient en vain de baisser le rideau de fer.

Des tags « Toc Toc Moudenc » en référence à Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, et « Nos désirs sont désordre » ont aussi été inscrits sur la façade de l’hôtel de ville.

Les « gilets jaunes » ont ensuite repris leur déambulation sur le boulevard longeant le centre historique, où, après plusieurs sommations, les forces de l’ordre ont à nouveau tiré des gaz lacrymogènes puis fait usage du canon à eau pour les disperser.

En fin d’après-midi, des groupes de manifestants restaient massés sur le boulevard, régulièrement repoussés par la police.

Neuf interpellations à Montpellier

Des heurts se sont aussi produits à Montpellier, autre bastion du mouvement des « gilets jaunes ». Selon la police, quatre policiers ont été légèrement blessés et neuf manifestants interpellés, pour jets de projectiles, outrages, menaces, injures et rébellion.

Les échauffourées ont opposé dans le centre les forces de l’ordre à quelque 300 « gilets jaunes », « très déterminés, très offensifs et très agressifs », selon la direction départementale de la sécurité publique (DDSP). Des poteaux métalliques arrachés, ainsi que des chaises de bars et de restaurants, ont été utilisés comme projectiles.

La section locale de la LDH, présidée par l’avocate Sophie Mazas, a pour sa part dénoncé des violences policières, dont des « interpellations avec étranglement », ainsi que « le contrôle d’identité systématique de nos observateurs ».

A Bordeaux, la mobilisation des « gilets jaunes », dans le sillage d’une manifestation pour le droit à l’avortement, s’est en revanche déroulée dans le calme avec au total quelque 700 personnes.