Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : Des députés de gauche réclament une enquête parlementaire

ENQUETE Ils ont réclamé samedi une commission d'enquête parlementaire sur l'incendie à Rouen jeudi de l'usine chimique Lubrizol, classée Seveso

20 Minutes avec AFP

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Incendie à Rouen
Incendie à Rouen — Stephanie Peron/AP/SIPA

Alors que le préfet de Seine-Maritime s'est voulu rassurant samedi après-midi, expliquant que la qualité de l’air est « à un état habituel » à Rouen, des députés de gauche ont réclamé samedi une commission d’enquête parlementaire sur l'incendie de l'usine chimique Lubrizol, classée Seveso, survenu jeudi.

« Il faut toute la vérité sur Lubrizol. Comme pour AZF il y a 17 ans, une commission d’enquête parlementaire doit être ouverte dès la semaine prochaine », a plaidé Olivier Faure, numéro un du PS, sur Twitter.

« Un décret déclarant l’état de catastrophe industrielle doit être rapidement publié pour permettre aux victimes de faire valoir leurs droits auprès des assurances », a aussi demandé l’élu de Seine-et-Marne, pour qui avec « un patron désinvolte, un préfet dépassé, un gouvernement incertain, la gestion de l’accident #Lubrizol #Rouen est inconséquente ».

L’ancienne ministre Delphine Batho va déposer une demande

Ex-ministre socialiste de l’Ecologie et élue des Deux-Sèvres, Delphine Batho va proposer en début de semaine à tous les députés de signer sa demande de commission d’enquête « sur l’action des pouvoirs publics relative à la prévention et la gestion de l’incendie (…) ainsi qu’à ses conséquences sanitaires et environnementales », argumentée en quatre pages.

Elle souhaite pouvoir mener des investigations sur « les dispositifs d’alerte », « la mise en œuvre de protocoles de suivi sanitaire de la population », « la surveillance des risques technologiques » et encore « les sanctions applicables en cas de manquement des entreprises ».

Un élu pointe la baisse du nombre de contrôles sur le site

« Nous demandons une enquête parlementaire et une enquête administrative ! Ce site a déjà connu plusieurs accidents (2013, 2015, 2019) », a tweeté le député LFI Eric Coquerel, se disant « en colère ». « Avec les restrictions budgétaires, en 15 ans, le nombre de contrôles de sites comme #Lubrizol a été divisé par deux », a relevé cet élu de Seine-Saint-Denis.

Selon le député François-Michel Lambert (UDE) également, « nous devons mettre en œuvre une mission d’enquête ». « Un incendie ne devrait pas provoquer cette catastrophe. Il va falloir passer à un nouveau niveau de Seveso », a jugé cet élu des Bouches-du-Rhône sur BFMTV.

Jeudi, quelques heures après l’incendie de ce site industriel classé Seveso seuil haut produisant des additifs d’huile, une enquête judiciaire avait été ouverte du chef « de destructions involontaires par l’effet d’une explosion ou d’un incendie ». Le parquet l’a élargie samedi au chef de mise en danger d'autrui.