Mort de Jacques Chirac : « Jacques Chirac, c'était la personne avec qui je voulais partager un repas »

REPORTAGE Ce jeudi soir et jusqu'à dimanche, l'Elysée met à disposition des citoyens un recueil de condoléances. Ils étaient nombreux à vouloir rendre hommage à l'ancien président ce jeudi soir

Mathilde Cousin

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Des anonymes signent le registre de condoléances ouvert à l'Elysée pour Jacques Chirac.
Des anonymes signent le registre de condoléances ouvert à l'Elysée pour Jacques Chirac. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
  • Jacques Chirac est mort ce jeudi à l'âge de 86 ans.
  • L'Elysée a ouvert un registre de condoléances, ouvert au public jusqu'à dimanche.
  • Les Français sont venus nombreux rendre hommage à l'ancien président jeudi soir.

21 h 30, ce jeudi, place Beauvau, à quelques mètres de l’Elysée. Une queue s’étend déjà. Quelques heures plus tôt, la présidence de la république a annoncé que le palais présidentiel ouvrait ses portes aux Français à partir de 21 heures jusqu’à dimanche inclus, pour ceux qui veulent signer un recueil de condoléances en hommage à Jacques Chirac.
Elise, Lucas, Adrien et Aurore, quatre étudiants, ont sympathisé en patientant. Âgés de 17 ans à 23 ans, ils ont à peine connu Jacques Chirac à l’Elysée. Ce qu’ils retiennent de l’homme ? Son « charisme » et une « classe rare ». « Il imposait le respect et avait une stature de président », acquiescent-ils. Ils connaissent bien la photo célèbre de Jacques Chirac, sortant par-dessus un portillon du métro. « Elle est presque devenue un mème ! »

Nous les recroisons dans la cour de l’Elysée, après qu’ils ont signé le registre de condoléances. « C’était impressionnant de venir ici, c’est vraiment symbolique. » Tous venaient pour la première fois dans ce lieu de pouvoir.

« La signature de Jacques Chirac sur le décret de naturalisation de mon père »

Dans la cour du palais présidentiel, l’atmosphère est au recueillement. Les drapeaux sont en berne, les visiteurs rentrent au compte-gouttes. Les visiteurs gravissent les mêmes marches que celles que gravit Jacques Chirac, quand il entra à l’Elysée en 1995. Dans l’entrée du palais, les visiteurs défilent pour signer le recueil. Au-dessus du recueil, le personnel de l’Elysée a installé un portrait de Jacques Chirac.

Emus, Lavan, 25 ans, et sa maman Mary, 63 ans, viennent de signer ce recueil. Ils sont venus de Créteil rendre hommage à l’ancien président de la République. « Le plus grand souvenir que j’ai de lui, c’est 2002, parce que mes parents sont réfugiés, confie le jeune homme. Un autre souvenir que je garde de lui, c’est sa signature sur le décret de naturalisation de mon père. »

« Il était toujours là pour les personnes »

Jacques Chirac était également connu pour apprécier les bains de foule et les poignées de main. Jacques, venu en voisin avec son épouse Françoise, « a eu la chance de le rencontrer plusieurs fois ». « Il était toujours là pour les personnes », rappelle-t-il. La dernière fois qu’il l’a vu, c’était à Saint-Tropez. Jacques Chirac, qui n’était plus président, a accepté de poser pour une photo avec une amie du couple. Françoise, elle, ressent de la « tristesse ». « Il m’a accompagné toute ma vie : j’avais 25 ans quand il est devenu premier ministre. » Elle se souvient de son opposition à la guerre en Irak, ou de sa « clairvoyance » sur l'écologie, « même si cela n’a pas forcément été suivi d’effets ».

Sortant seule de l’Elysée, Virginie, 48 ans et petite-fille d’agriculteurs, se souvient aussi d’un homme qu’elle a connu adolescente, « grâce aux Guignols. Ensuite, je me suis intéressée à la politique. » Elle appréciait le « côté épicurien » de l’ancien chef de l’Etat. « J’ai toujours dit que c’était la personne avec qui je voulais partager un repas », confie-t-elle. Elle souligne le « paradoxe » d’un homme, avec un « côté terroir » et qui « a beaucoup fait pour la culture ». « C’est un grand écart, c’est pour cela qu’il plaisait à tout le monde. »