VIDEO. Le chant de coqs autorisé à Oléron mais pas en Haute-Savoie

JUSTICE Condamné cet été à 4.000 euros pour « troubles du voisinage », un propriétaire de coqs de Haute-Savoie a fait appel ce mercredi

C.G. avec AFP

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Illustration d'un coq dans une ferme
Illustration d'un coq dans une ferme — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

La très médiatique  affaire du coq Maurice lui a donné des ailes. Daniel Banquis a décidé de faire appel mercredi de sa condamnation. Ce fils d’agriculteur, qui réside sur la commune de Saint-Sylvestre en Haute-Savoie, a été reconnu coupable l’été dernier de « troubles du voisinage ». Le 15 juillet, le tribunal d’instance d’Annecy l’avait condamné pour cela à 3.000 euros de dommages et intérêts et 1.200 euros de frais de justice. Avec l’obligation de faire taire ses coqs, responsables de « nuisances sonores excessives »

« Si on bouge, ce n’est pas que pour mon cas », s’est justifié le principal intéressé bien décidé à « tenir tête ». C’est un couple de voisins, gêné par le chant émanant de son poulailler ayant compté jusqu’à une vingtaine de coqs, qui a porté l’affaire en justice.

Deux coqs conservés, les autres sont passés à la casserole

« Les néo-ruraux se multiplient et les problèmes se sont multipliés aussi. La sociologie des villages a profondément changé, notamment en Haute-Savoie où le foncier est rare et cher », a souligné Marie-Noëlle Provent, l’avocate de l’éleveur « et les ruraux se sentent agressés dans leurs pratiques quasi ancestrales ».

Daniel Bauquis a, depuis cette affaire, conservé uniquement deux coqs, qui contrairement au fameux gallinacé Maurice de l’île d’Oléron, n’ont pas de nom. Il a mangé quelques autres, élevés pour une consommation domestique, et pratiqué le « roulement » habituel dans son élevage.

Une pétition de soutien

Des amis ont lancé une pétition de soutien «Sauvons les deux coqs de Saint-Sylvestre », qui enregistrait près de 8.000 signatures mercredi après-midi.

« Aujourd’hui, on marche sur la tête. Tout le monde vient à la campagne pour être tranquille et on nous emmerde », déplore Daniel Bauquis, qui « ne se plaint pas d’avoir du mal à se garer quand il va en ville ». Il fait toutefois remarquer que cette « histoire de chant du coq, c’est la continuité des embrouilles » que le couple de plaignants « nous a fait depuis son installation » en 1996.

L’exposé du litige relève que les plaignants entretiennent « des relations exécrables avec l’ensemble de leur voisinage », en multipliant les tracasseries. L’épouse avait d’ailleurs été condamnée pénalement en 2006, sanction confirmée en appel en 2017.

Protéger le patrimoine sensoriel des campagnes

Las de voir ce genre de situations se répéter partout en France, des députés de tous bords, emmenés par Pierre Morel-à-l'Huissier (Lozère), ont déposé le 11 septembre une proposition de loi visant à « définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises ».

Le texte évoque le « chant du coq, le tintement des cloches, le braiment de l’âne, l’odeur du fumier ou des poulaillers, les coassements de batraciens », une liste non exhaustive, qui pourrait être protégée par le code du patrimoine.