A l'aide d'un détecteur de métaux, des plongeurs tentent de retrouver l'épave du "Victor".
A l'aide d'un détecteur de métaux, des plongeurs tentent de retrouver l'épave du "Victor". — Adramar

ARCHÉOLOGIE

Saint-Malo : De nouvelles fouilles menées pour retrouver l’épave du « Victor »

Le navire de commerce a coulé au large de la cité corsaire en 1645 avec 140 hommes à son bord

  • Une nouvelle campagne de prospection sous-marine est actuellement menée au large de Saint-Malo pour tenter de retrouver l’épave du Victor.
  • Ce navire de commerce a coulé en 1645 avec 140 hommes à bord alors qu’il revenait d’un voyage très lointain.
  • En trouvant l’épave, les scientifiques pourraient apporter un nouvel éclairage sur le passé commercial de la ville.

Où est passée l’épave du Victor, ce navire de commerce qui a coulé en 1645 au large de Saint-Malo avec 140 hommes à bord ? Pour tenter de percer le mystère, une nouvelle campagne de fouilles est actuellement menée en mer dans le secteur de Saint-Briac. A bord du navire l’Hermine Bretagne de l’Association pour le développement de la recherche en archéologie maritime ( Adramar), des scientifiques auscultent les fonds marins depuis la semaine dernière à l’aide d’un sonar et d’autres appareils de détection.

Une technique dite de prospection géophysique qui a pour but de « déceler des anomalies sur le fond marin », explique Anne Hoyau-Berry, archéologue sous-marin présente sur la mission. Une première campagne avait déjà été menée l’an dernier dans le secteur et permis d’identifier « une trentaine de points remarquables », soit autant d’endroits où l’épave pourrait éventuellement se trouver.

Des plongeurs pour vérifier « les anomalies »

Pour le vérifier, des plongeurs sont cette fois mobilisés sur la mission. « Les images du sonar ne sont pas assez précises. On doit donc plonger avec un détecteur de métaux pour déterminer la nature de ces anomalies détectées », souligne la scientifique.

Dix-huit points ont pour l’heure été inspectés, mais toujours pas de trace de l’épave. « Nous avons découvert beaucoup de roches naturelles ainsi qu’un corps-mort utilisé pour le mouillage », précise Anne Hoyau-Berry, qui ne perd pas espoir de retrouver un jour l’épave du Victor.

Un navire témoin du passé commercial de la ville

Ce navire n’est pas le seul à gésir dans les fonds marins au large de Saint-Malo, un port qui a toujours connu une activité maritime importante. Mais il intéresse particulièrement les scientifiques. Un document d’archives découvert récemment mentionne en effet son naufrage en 1645. Le navire de commerce revenait d’un voyage « en pays lointains », peut-être l’Amérique du Sud, chargé de marchandises.

« Si on trouve cette épave, on aurait alors une trace de ce commerce mondial auquel les Malouins prirent part à cette époque, avant même la fameuse épopée corsaire », assure l’archéologue. En attendant, le Victor reste toujours un mystère.