Jouets genrés : Le gouvernement signe une charte pour lutter contre les stéréotypes

JOUETS POUR TOUS Le texte entend encourager les fillettes à se lancer dans des carrières scientifiques en luttant contre les idées reçues dès l'enfance

20 Minutes avec AFP

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(Illustration) Le rayon jouets de Playmobil, au magasin BHV de l'Hotel de Ville dans le quartier du Marais à Paris.
(Illustration) Le rayon jouets de Playmobil, au magasin BHV de l'Hotel de Ville dans le quartier du Marais à Paris. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Un jeu pour fille ou pour garçon ? Ni l’un, ni l’autre, mais pour tous. Une charte entendant promouvoir la mixité dans le secteur des jouets, afin d’aider les fillettes à se lancer dans des carrières scientifiques, en luttant contre les idées reçues dès l’enfance, a été signée mardi au ministère de l'Economie.

« On cherche à travailler sur la création de nouveaux jouets, la façon dont on en parle dans les annonces et la façon dont on les vend », a précisé lors d’un point presse la secrétaire d’Etat à l’Economie Agnès Pannier-Runacher, soulignant que cette démarche était partie « d’un constat économique » : « La présence d’un nombre limité de femmes dans les carrières scientifiques ».

« On sait que la période des 1.000 premiers jours (de vie), c’est là où beaucoup de choses se construisent pour l’enfant » et « lutter contre les discriminations plus tard cela passe par une action dès ces premiers jours-là », a ajouté le secrétaire d’Etat à l’Enfance, Adrien Taquet.

Améliorer la représentation mixte des jouets

A travers la charte, l’ensemble de la filière s’engage à fournir des efforts « mesurables » pour améliorer la représentation mixte des jouets, a souligné dans un communiqué la Fédération française des industries jouet/puériculture (FJP).

Il s’agit de « valider » un certain nombre d’actions concrètes et « d’évangéliser tous les acteurs » afin d’aller plus loin, a expliqué le président de la FJP, Michel Moggio. Les fabricants ont fait des progrès, selon lui : « Ainsi, dans les univers très typés, on évite que les jouets soient trop “excluants” en ajoutant des caractères féminins » dans les jeux de construction, d’imitation, à figurines, etc.

« Dans la construction de soi et donc dans l’orientation, la place du jouet est fondamentale, si on ne donne pas à voir à des jeunes filles des jouets qui sont en lien avec la science, elles ne pourront pas se projeter dans ces métiers-là », a commenté Florence Barnier, directrice du développement de l’association Elles Bougent, qui promeut les carrières scientifiques auprès des filles.

« Qu’est-ce qu’aime l’enfant ? »

La charte dispose également d’un volet « formation des vendeurs », afin qu’à l’avenir ceux-ci remplacent la question « c’est pour un garçon ou une fille ? » par « qu’est-ce qu’aime l’enfant ? ». Cette charte « est un premier pas, ça permet de poser le débat et d’avoir un certain nombre d’engagements et nous nous reverrons dans six mois pour faire le point et voir ce qu’on peut continuer à améliorer », a précisé Agnès Pannier-Runacher.

Dans la lignée du « Conseil de la mixité et de l’égalité professionnelle dans l’industrie », une première réunion avait permis le 24 juin de faire un état des lieux, a rappelé le ministère. Les participants – fabricants, distributeurs, CSA, associations féministes et familiales, Union des Marques – s’étaient engagés à élaborer une charte. La « séparation des univers filles/garçons, notamment par des pages ou des rayons séparés, l’utilisation de codes couleurs ou bien d’autres indices de cloisonnement (…), se matérialise sur les produits eux-mêmes, les sites Internet, les catalogues, publicités et dans les rayons des magasins », a souligné Bercy.

Cela peut véhiculer des stéréotypes ayant notamment pour effet d’exclure les filles des jouets à dominante scientifique « ou de les cantonner à des univers domestiques, ce qui ne favorise pas leur identification aux études ou aux carrières scientifiques », a relevé le ministère.