Mise en examen de trois femmes djihadistes à leur retour en France avec neuf enfants

RETOUR L’une de ces trois Françaises soupçonnées d’appartenir à Daesh est Jennifer Clain, la nièce des frères Fabien et Jean-Michel Clain, qui ont revendiqué les attentats du 13 novembre 2015

20 Minutes avec AFP

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Des enfants de djihadistes détenus en Syrie.
Des enfants de djihadistes détenus en Syrie. — FADEL SENNA / AFP

Trois femmes djihadistes, expulsées de Turquie, ont été mises en examen et écrouées après leur retour mardi en France accompagnées de neuf enfants âgés de 3 à 13 ans, qui ont été confiés à l’Aide sociale à l’enfance, a appris l’AFP de sources concordantes.

L’une de ces trois Françaises soupçonnées d’appartenir au groupe Daesh est Jennifer Clain, la nièce des frères Fabien et Jean-Michel Clain, qui ont revendiqué au nom de l’EI les attentats du 13 novembre 2015, ont indiqué ces sources, confirmant une information de France Inter. Pour « la filiation, il reste à effectuer des vérifications », a déclaré une source proche du dossier.

Les frères Clain donnés pour morts

Fabien et Jean-Michel Clain, vétérans du djihadisme français qui furent au cœur de l’appareil de propagande de Daesh, sont donnés pour morts depuis février, victimes selon plusieurs sources concordantes d’une frappe de la coalition. Depuis leur départ de France, les deux hommes demeuraient introuvables.

Jennifer Clain avait été arrêtée par les autorités turques avec deux autres femmes en juillet dans la province de Kilis, frontalière avec la Syrie. Elle est mariée à Kévin Gonot, un Français condamné à mort en Irak le 26 mai pour appartenance à Daesh. Deux autres femmes l’accompagnaient : l’épouse de Thomas Collange, le demi-frère de Kévin Gonot, et celle du père de ce même Kévin Gonot, selon une autre source proche.

50 enfants pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance

Visées par des mandats d’arrêt, les trois femmes ont été placées en rétention avant d’être présentées à un juge d’instruction qui les a mises en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et les a placées en détention provisoire, selon une source judiciaire.

Les neuf enfants ont été confiés par la justice à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) de Seine-Saint-Denis, dont dépend l’aéroport de Roissy par lequel se font la majorité des retours. Leur arrivée porte à « cinquante le nombre d’enfants pris en charge par l’ASE 93 », a indiqué à l’AFP le président (PS) du Conseil départemental, Stéphane Troussel.

Il déplore que le département assume leur prise en charge « sans aucune aide de l’Etat », « malgré mes nombreuses alertes depuis un an et demi ». Sur les cinquante enfants pris en charge, « seuls trois ou quatre avaient un lien avec la Seine-Saint-Denis », a-t-il rappelé.