Lyon : La ville est-elle devenue trop chère?

IMMOBILIER Selon les derniers relevés des professionnels du marché, le prix au mètre carré se situe désormais en moyenne entre 4.000 et 4.900 euros

Caroline Girardon

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Vue de Lyon.
Vue de Lyon. — Konrad / Sipa
  • Sur un an, Lyon enregistre la plus forte augmentation des prix après la ville de Nantes.
  • Le mètre carré dans l’ancien se vend désormais entre 4.000 euros et 4.900 euros selon les observateurs. Et 5.200 euros pour des logements neufs.
  • Lyon repasse devant Bordeaux et devient la deuxième ville la plus chère de France.

Le palier n’avait jamais été franchi. Le marché de l'immobilier à Lyon flambe. Le prix au mètre carré est désormais de 4.000 euros en moyenne (au bas mot) dans l’ancien et de 5.200 euros pour des logements neufs. Dans certains quartiers, comme celui de la Confluence, des appartements haut de gamme se vendent même 10.000 euros le mètre carré. Si d’un observatoire à l’autre, les chiffres ne sont pas tout à fait les mêmes, le constat est identique : la hausse des prix est constante depuis plusieurs années. Elle a même accéléré depuis 2014.

« Le prix de la pierre semble avoir connu une véritable inflation. Nous sommes à 4.896 euros le mètre carré contre 3.886 euros en 2015 », relève Michel Mouillart, porte-parole du baromètre LPI-SeLoger. Soit une augmentation de 26 % en cinq ans dans l’ancien. « De fait, Lyon a repris à Bordeaux son titre de ville de province la plus chère, qui lui avait été momentanément raflé », poursuit-il.

La plus forte augmentation après Nantes

« En un an, les prix ont monté de 5,7 % pour atteindre 4.070 euros », rectifie de son côté Alexandre Schmidt, président de la FNAIM, fédération nationale de l’immobilier dans le Rhône. Et d’ajouter : « A titre de comparaison, les prix ont "seulement" grimpé de 4,6 % à Paris ». Seule Nantes, parmi les grandes capitales régionales, a fait « mieux » en enregistrant une hausse de 8,2 %.

Reste à savoir s’il s’agit finalement d’une augmentation maîtrisée ou vertigineuse. « La hausse est assez raisonnable par rapport à celles enregistrées à Paris ou Bordeaux », répond Alexandre Schmidt. « Ce n’est pas si cher que cela pour la deuxième ville de France même si 5.000 euros, ce n’est pas donné et que cela n’est pas à la portée de tout le monde », ajoute Michel Lechenault, responsable éditorial du Groupe SeLoger. Et d’ajouter : « D’autres villes situées dans le secteur de Paris sont bien plus chères. Neuilly par exemple avec 11.000 euros le mètre carré ou Montreuil à 5.700 euros. Si l’on regarde les chiffres à l’échelle de la Métropole, Nice est bien plus onéreuse (5.500 euros). Et même Bordeaux qui certes propose des prix similaires mais n’a pas les mêmes infrastructures que Lyon ».

Lyon a comblé son retard

« Lyon est très bien située. N’oublions pas qu’elle possède deux gares nationales, un aéroport international, une offre culture et étudiante importante, abonde Anne de Planchard, vice-présidente de la FNAIM. Sur la scène européenne, elle est même très bien positionnée comparée à d’autres villes de la même taille bien plus chères ». Pour elle, il n’y a donc « rien d’affolant ».

« La ville était très en retard au début des années 2000. Elle était classée au 13e rang alors qu’elle est la deuxième ville économique la plus importante », précise-t-elle. Un constat partagé par Michel Lechenault : « A l’inverse de Marseille, Lyon a su se rénover. Elle est désormais perçue comme la vie idéale pour les investisseurs parisiens. Beaucoup cherchent désormais à habiter ici. »

De l’avis de tous les observateurs, les prix devraient continuer de grimper dans les prochaines années. « Le marché de l’immobilier est en train d’exploser depuis 2016 en France. Et comme toutes les grandes métropoles, Lyon va truster une part de ce marché », prédit Michel Lechenault.