Lyon : Les pompiers du Rhône autorisés dès ce lundi à porter des caméras individuelles en intervention

SECURITE Seize casernes du Service départemental métropolitain d'incendie et de secours du Rhône vont expérimenter dès ce lundi ces caméras-piétons, réclamées de longue date par les pompiers 

Elisa Frisullo

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Illustration de pompiers lots d'une manifestation à Lyon fin 2017 contre l'insécurité.
Illustration de pompiers lots d'une manifestation à Lyon fin 2017 contre l'insécurité. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Seize casernes du Rhône sont équipées de caméras individuelles dans le cadre d’une expérimentation nationale.
  • Un dispositif attendu par les pompiers fortement mobilisés en 2018 contre la hausse des agressions physiques lors des interventions.
  • Ce test va durer jusqu’en février 2022.

Des mois qu’ils réclamaient ce dispositif pour améliorer leur sécurité lors de certaines interventions risquées. Dès ce lundi, plusieurs pompiers du Rhône vont être équipés de caméras individuelles dans le cadre d’une expérimentation nationale menée jusqu’en février 2022 dans le cadre d’une loi votée à l’été 2018 et d’un décret publié en juillet dernier.

L’utilisation de ces caméras piétons avait été annoncée en août 2018 par le gouvernement en réponse notamment à la grogne des sapeurs-pompiers, particulièrement mobilisés à Lyon l’an passé contre la hausse des agressions physiques sur le terrain.

Le Service départemental métropolitain d’incendie et de secours du Rhône (SDMIS), volontaire pour faire partie de l’expérimentation nationale, a donc été équipé récemment, à l’instar de dix autres services de secours en France (Paris, Loire-Altantique, Nord, Gironde…)

Portée de manière visible

Seize casernes de la métropole de Lyon (et Villefranche-sur-Saône) ont été dotées de deux caméras chacune. « Le SDMIS s’inscrit dans cette expérimentation pour trois raisons. Il estime que cela va permettre d’améliorer la prévention des agressions et d’en limiter le nombre », indique le contrôleur général Serge Delaigue, patron des pompiers du Rhône.

En cas de violences sur les pompiers en intervention, les images filmées pourront être transmises à la justice, comme élément de preuve, ajoute le SDMIS. Enfin, les vidéos devraient être utilisées pour « améliorer la formation des pompiers dans leur capacité à aborder les victimes ».

Les personnes filmées ne peuvent pas refuser

En pratique, la caméra sera portée par le chef d’agrès ou par un sapeur-pompier qu’il désigne, de manière apparente. Un signal visuel indiquera le déclenchement de l’enregistrement. Les pompiers sont autorisés à enregistrer sur la voie publique ou dans le domaine privé et devront prévenir les personnes filmées lors de la mise en ouvre de l’enregistrement. « Mais lorsque les conditions d’intervention ou les circonstances ne le permettent pas, l’enregistrement reste possible. Les personnes filmées ne peuvent pas s’opposer à la prise d’images », précise le SDMIS du Rhône.

Le stockage des images est réalisé dans le respect de la réglementation (RGPD) et les vidéos sont conservées pendant six mois (sauf en cas de procédure judiciaire). Un point d’étape sur la conduite de cette expérimentation est prévu dans le département en fin d’année 2019.