Obsolescence programmée : La durée de vie des lave-linge réduite de trois ans en moins de dix ans

ELECTROMENAGER Selon les auteurs de l’étude, certains fabricants de lave-linge, comme LG ou encore Samsung, rendent volontairement impossible la réparation de certaines pannes

Manon Aublanc

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Un lave-linge sur un trampoline.
Un lave-linge sur un trampoline. — Le Rewind (Vidéo)

Alors que le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie solidaire arrive, ce mardi, au Sénat, un rapport dévoile que la durée de vie des lave-linge a diminué de trois ans ces dernières années.

Selon un rapport, publié ce lundi, réalisé par l’association HOP (Halte à l’obsolescence programmée) et la start-up Murfy, spécialisée dans la réparation de gros électroménager à domicile, en huit ans, la durée de vie des lave-linge a diminué de 30 %, passant de dix ans en 2010 à sept ans en 2018.

« Un coût insupportable pour le consommateur comme pour l’environnement »

Selon les auteurs du rapport, la baisse de la durée de vie des lave-linge, présent dans 97 % des ménages français, entraîne pour les consommateurs une hausse des prix, jusqu’à 15 euros de plus par an. « L’obsolescence des lave-linge représente un coût insupportable pour le consommateur comme pour l’environnement », a souligné Laëtitia Vasseur, déléguée générale et cofondatrice de HOP dans un communiqué, demandant aux fabricants d'« améliorer la réparabilité et la durée de vie des lave-linge, dès leur conception ».

Le rapport dénonce également « l’inaccessibilité, la conception et le prix exorbitant de certaines pièces essentielles au bon fonctionnement et même des pièces d’usure ». Par exemple, remplacer une « carte électronique » coûte 400 euros chez Miele contre 200 euros pour les autres marques. « Dans 50 % des cas, il est possible de faire réparer son gros électroménager sans la moindre pièce détachée », déplore la start-up Murfy.

Les auteurs du rapport demandent au Sénat de prendre des mesures

Pour les auteurs du rapport, certains fabricants, comme LG ou encore Samsung, rendent volontairement impossible la réparation de certaines pannes. « Les cas d’irréparabilité soulignés, limitant la durée de vie de l’appareil, pourraient être interprétés comme de l’obsolescence programmée technique indirecte », critique l’étude.

Alors que le Sénat​ examine mardi, le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie solidaire, les auteurs du rapport demandent aux parlementaires de rendre « illégales les techniques qui visent à entraver la réparation des appareils dans le cadre du délit d’obsolescence programmée » et d'« imposer un indice de réparabilité obligatoire dès 2021 ».

L’étude a été réalisée grâce aux données de plus de 3.000 lave-linge récoltées par Murfy et aux réponses de 900 consommateurs sur la plateforme de produits durables de l’association HOP.