Lyon : Comment enrayer les rodéos en centre-ville? Une réunion prévue ce vendredi après-midi pour trouver des solutions

TAPAGES NOCTURNES Les habitants, qui n’ont cessé d’alerter les autorités depuis un an, ont lancé une action collective en justice

Caroline Girardon

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Illustration de policiers municipaux
Illustration de policiers municipaux — C. Villemain/ 20 Minutes
  • Excédés par les rodéos nocturnes en centre-ville et épuisés de ne pas être entendus, les habitants de la Presqu’île lyonnaise ont lancé une action collective en justice.
  • Depuis un an, tous les week-ends, des bandes de jeunes viennent klaxonner dans les rues du centre jusqu’à 4h du matin.
  • Après les incidents du week-end dernier, une réunion se tiendra ce vendredi après-midi pour tenter de trouver des solutions.

La situation est devenue insupportable au fil des mois. Les habitants de la presqu’île lyonnaise se sont fédérés et ont lancé une action collective en justice. La raison de leur exaspération ? Depuis l’automne dernier, des bandes de jeunes viennent chaque vendredi et samedi soir, dès 22h faire des rodéos en centre-ville. Et cela jusqu’au petit matin. La grogne est montée. Samedi dernier, les choses ont dérapé.

« Les incivilités du début se sont transformées en insécurité. Les habitants ont alerté les autorités depuis des mois. Ce qui est arrivé était inéluctable. On l’avait prédit… », lâche Edouard Raffin, l’avocat du collectif Presqu’île en colère, révélant que les autorités ont fini par organiser une réunion en urgence ce vendredi à 17h30. Le directeur du cabinet du maire de Lyon, le Préfet et le président de la Métropole y assisteront.

Des représailles

Le week-end dernier, un habitant excédé a fini par lancer de sa fenêtre un projectile sur le pare-brise de l’un des fauteurs de trouble. Ces derniers ont alors décidé rageusement de s’en prendre aux habitants. « Ils ont littéralement explosé les portes de l’immeuble. Ils sont ensuite montés en courant dans les escaliers et ont tapé contre les portes comme des fous », témoigne Pauline Grosjean, l’une des fondatrices du collectif, qui réside dans l’immeuble saccagé. Les représailles ne se sont pas arrêtées là. « Quand on s’est penché à la fenêtre pour voir ce qu’il se passait en bas de la rue, ils sont revenus. Pensant que c’était nous, ils sont montés jusqu’à notre palier pour nous menacer de mort », poursuit cette maman de 33 ans qui décrit un calvaire.

« C’est allé crescendo depuis le mois de janvier », raconte-t-elle. Ce dont elle parle ? Des jeunes à bord « de grosses cylindrés » qui « klaxonnent non-stop de 22h à 4h du matin ». Des conducteurs, qui font chauffer le bitume, « grillant les feux rouges » ou s’arrêtant « au milieu de la rue pour bloquer volontairement la circulation ». « Ils ont les vitres ouvertes, sont assis sur le capot et boivent de l’alcool en roulant », témoigne Pauline. Sentiment d’impunité ? Nul n’est parvenu jusque-là à les raisonner.

Après une première rencontre à la mairie du deuxième arrondissement de Lyon, les riverains ont obtenu un rendez-vous en mairie centrale au mois de juin. « Il n’y a pas eu de miracle », se désole Pauline. La mairie a pris un arrêté interdisant la circulation dans la rue Edouard-Herriot tous les vendredis soir jusqu’à 1h du matin. Et a déployé davantage de policiers municipaux sur le secteur. « Quand la police est là, on note de petites améliorations. Sinon, ça ne change rien. Ce n’est pas un sens interdit qui les arrête. Ils n’ont peur de rien », appuie Pauline, lasse. La situation est redevenue la même aux retours des vacances.

Un phénomène difficile à enrayer

Edouard Raffin reconnaît que la situation est délicate : « On a conscience que les rodéos nocturnes, qu’on n’observait pas en centre-ville avant, sont extrêmement difficiles à enrayer. Il faudrait pouvoir multiplier les équipes de police sur le terrain afin de dresser des PV, il faudrait pouvoir procéder à des contrôles d’identité, poursuivre les gens quand ils n’ont pas de permis, ni d’assurance ou quand ils ont de la drogue à bord du véhicule. Mais la police municipale ne peut à elle seule régler le problème », appuie l’avocat.

La réunion de vendredi devrait permettre de trouver des solutions et de générer « une impulsion politique ». Le collectif précise être pour l’instant dans une démarche de médiation et de recours à l’amiable. Mais s’il ne parvient pas à se faire entendre, il n’exclut pas de saisir directement la justice. La mairie centrale n’a pour l’instant pas répondu à notre demande d’interview.