VIDEO. Lyon : Qui sont ces jeunes qui se mobilisent activement pour le climat ?

PLANETE A l’occasion de la journée de grève organisée par «Youth for climate» vendredi à Lyon, «20 Minutes» est allé à la rencontre de ces lycéens et étudiants qui s’activent en faveur du climat

Elisa Frisullo

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Lors de la marche des jeunes pour le climat à Lyon le 24 mai 2019.
Lors de la marche des jeunes pour le climat à Lyon le 24 mai 2019. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Une nouvelle journée de grève, marquée par une manifestation dans la ville, est organisée vendredi à Lyon dans le cadre du mouvement «Youth for climate».
  • «20 Minutes» est allé à la rencontre de ces jeunes qui s’activent depuis des mois contre le réchauffement climatique

« Voir la nature qui s’effondre et ne rien pouvoir faire, c’est insupportable. Je ne veux pas que cela arrive et qu’il soit trop tard ». Julie a quinze ans et une conscience de « l’urgence climatique » qui l’a incitée, depuis plusieurs mois, à se mobiliser à plusieurs reprises en faveur du climat. Ce vendredi, cette jeune lyonnaise, scolarisée au lycée Belmont à la Guillotière, participera à la nouvelle grève pour le climat entre Rhône et Saône organisée par Youth for Climate. Des actions bien suivies en général dans la métropole, où lors de la première marche en mars dernier, plus de 15.000 jeunes avaient battu le pavé.

« La démission de Nicolas Hulot du gouvernement a entraîné une vraie prise de conscience dans la société. Et les jeunes se rendent compte que c’est leur génération qui est menacée et qu’on doit faire quelque chose sans se laisser berner », estime Erwan Leduby, 20 ans. Ce Lyonnais d’adoption, en quatrième année d’écologie à l’école Sup’écolidaire, s’est engagé dans le mouvement Youth for Climate dès sa création. « J’ai grandi à la campagne en Mayenne, cela a dû favoriser mon intérêt pour l’écologie. Et puis, en grandissant, je m’y suis intéressé de plus en plus. J’ai compris qu’il y avait une urgence climatique, indissociable de l’urgence sociale, et qu’il fallait agir pour que cela ne soit pas irréversible », ajoute l’étudiant.

La crainte des changements climatiques à venir

Florent, sensibilisé à la cause écologique par sa famille, s’est beaucoup informé ces derniers mois sur le réchauffement climatique pour comprendre la situation et en mesurer les enjeux. Des lectures qui n’ont fait qu’accentuer son envie d’agir. « J’ai lu le rapport du Giec sur l’évolution du climat. Si on ne fait pas quelque chose rapidement, c’est ma génération qui va subir les plus grands bouleversements climatiques. Les +7 degrés prévus à l’horizon 2100 ou les +2,5 degrés d’ici à 2050 auront de vrais impacts sur la vie humaine. En 2050, j’aurai 50 ans. Comment vivra-t-on ?, s’interroge-t-il. Si j’ai des enfants, je ne veux avoir à leur dire que je n’ai rien fait pour empêcher cela », ajoute ce Lyonnais, qui a adopté un mode de vie plus écolo.

« Je ne prends plus l’avion, j’essaye d’organiser des vacances plus écologiques, je me déplace à vélo », explique-t-il. « Les marches, les grèves, c’est bien pour être visibles, mais ce n’est pas tout. Dans notre quotidien, on peut agir et sensibiliser autour de nous », ajoute Julie, qui s’active au sein de son lycée. Dans les prochaines semaines, une simulation de négociations à l’ONU est prévue dans son établissement pour permettre à chacun de comprendre les enjeux écologiques.

« Tout le monde n’a pas les moyens d’être écolo »

« Nous avons installé un hôtel à insectes et nous allons organiser différents ateliers, pour apprendre à faire soi-même sa lessive par exemple », souligne la jeune fille qui, à la maison, fait du compost, trie ses déchets, limite sa consommation de viande et privilégie les aliments bios ou achetés en vrac. « Mes parents ont semé les graines en moi et c’est en train d’éclore », ajoute-t-elle pour justifier sa fibre écolo. « Les gens autour de moi se sentent concernés par le climat. Mais j’ai bien conscience que nous évoluons dans un univers où c’est plus simple et que dans les milieux plus défavorisés, l’écologie ne peut pas être une priorité ».

Un constat que partage Erwan. « Il y a une prise de conscience, mais tous les gens n’ont pas les moyens d’être écolos. Aujourd’hui, les produits alimentaires les moins bons sont les moins chers, ce n’est pas normal, illustre-t-il. Ce que nous dénonçons, ce sont ces grandes puissances (gouvernements, financiers, actionnaires…) qui privilégient le système capitaliste alors qu’ils pourraient entraîner les citoyens vers un mode de vie écologique accessible à tous ».

Pour faire évoluer les choses et nourrir le débat, ces jeunes ne manquent pas d’idées. « La ville de Lyon est faite pour la voiture. Il faut développer les alternatives, les aménagements de pistes cyclables sont insuffisants. Il faut développer encore les transports en commun, laisser les métros circuler une partie de la nuit », estime Florent, regrettant que les autorités restent sourdes aux inquiétudes et propositions de la population.

Une semaine d’actions

« Il faut aller vers un projet écologique durable, renchérit Erwann. Pas des mesurettes sur fond de campagne électorale, ajoute-t-il, en référence à la végétalisation de la Presqu’Ile lancée récemment par le maire de Lyon Gérard Collomb. C’est n’importe quoi. On met des bacs à fleurs sur une voie empruntée par les bus et les modes doux. Au final, il ne reste qu’une voie de circulation, ce qui ne favorise que la voiture », ajoute-t-il, convaincu que pour être pris au sérieux par les pouvoirs publics, il faudra changer de ton. « Avec les marches, nous ne sommes pas écoutés. Il va sans doute falloir qu’on aille vers des actions de désobéissance civile, vers plus de radicalité pacifique pour s’attaquer aux racines du problème et percuter l’opinion publique et politique », prévient l’étudiant.

Au-delà de la journée de grève de vendredi et de la marche pour le climat et la biodiversité prévue samedi, des ateliers, des formations, des tables rondes et probablement quelques actions coups de poing, sont prévus toute la semaine prochaine à Lyon.