Le n°1 de la Ligue islamique mondiale dénonce l'« islam politique », une « menace »

INTERNATIONAL Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohammed Al-Issa, a assuré son soutien au président Emmanuel Macron concernant « l’islam politique »

20 Minutes avec AFP

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(Illustration) Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM) Mohammed Al-Issa et Patrick Chauvet, le recteur-archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en 2017.
(Illustration) Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM) Mohammed Al-Issa et Patrick Chauvet, le recteur-archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en 2017. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM) Mohammed Al-Issa, a affirmé mardi que «  l’islam politique » représentait « une menace », assurant que son organisation avait « adopté une vision nouvelle pour faire face au fanatisme », lors d’une conférence à Paris​.

L’ancien ministre saoudien de la Justice est depuis 2016 le dirigeant de l’organisation panislamique sunnite basée à La Mecque. Cette organisation est souvent considérée comme le bras diplomatique du royaume saoudien et financé par ses pétrodollars, ainsi que comme un instrument de diffusion du wahhabisme, version saoudienne et très puritaine de l’islam.

Soutien au président Macron

« Nous soutenons totalement le contenu de discours du président français M. Macron en avril dernier quand il a parlé de "l’islam politique" », a déclaré Mohammed Al-Issa lors d’une Conférence internationale pour la paix, qui réunit des hauts dignitaires religieux de nombreux pays musulmans mais aussi les responsables français des cultes catholique, juif, protestant et orthodoxe. « Comme l’a dit le président, cet islam politique représente une menace et une (source de) division dans la société », a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de la LIM, qui était traduit de l’arabe en français, a insisté sur l’importance pour les musulmans de France de « respecte (r) la constitution de leur pays, ses lois, sa culture ». « Tous les musulmans en Europe devraient respecter les constitutions, les lois et les cultures des pays où ils vivent », a-t-il ajouté. « Ils ne devraient pas accepter l’importation de fatwas et des idées étrangères ».

« Nous sommes là pour renforcer les efforts de cohésion sociale de la République française et nous refusons totalement toute (…) immixtion dans les affaires intérieures de tout pays et notamment dans les affaires religieuses », a-t-il aussi déclaré, assurant que son organisation était « internationale », « indépendante » et n’appartenait « à personne ».

Une présence controversée

La LIM a « adopté une vision nouvelle pour faire face au fanatisme, à la violence, au terrorisme », a-t-il affirmé, en prenant « des initiatives et des programmes pratiques ». Il a enfin loué « la ville de Paris (…), capitale de la culture, de la liberté intellectuelle ».

Avant l’ouverture de la conférence, sa présence, comme coorganisateur de la rencontre avait été dénoncée par une vingtaine de manifestants. Parmi eux, l’ex-journaliste de Charlie Hebdo, Zineb El Rhazoui, a fustigé le fait que M. Al-Issa, « l’auteur de la condamnation » à dix ans de prison de Raïf Badawi « un blogueur saoudien emprisonné pour » insulte « à l’islam » vienne nous apprendre la tolérance et la paix ! »