Ecologie : Que faut-il mettre dans nos assiettes pour une alimentation responsable ?

MIAM Une récente étude d’une université américaine propose d’adapter un régime alimentaire spécifique selon les besoins de chaque pays

Jean-Loup Delmas

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Du vert dans nos assiettes pour une planète verte.
Du vert dans nos assiettes pour une planète verte. — Pixabay
  • L’alimentation est l’une des principales causes de gaz à effet de serre dans le monde, surtout chez les pays développés.
  • Un rapport de l’université Johns-Hopkins (JHU, Baltimore) pointe les différents régimes à avoir pour aider la planète.
  • Alors, que faut-il mettre dans nos assiettes ?
     

L’écologie et la lutte contre le réchauffement climatique, cela se joue aussi au moment de nos repas. Et pas qu’un peu : « Pour les pays développés, les trois grandes sources de gaz à effet de serre de niveau à peu près équivalentes sont les transports, le logement et l’alimentation », pointe Cyrielle Denhartigh, responsable agriculture et alimentation du Réseau Action Climat. A l’échelle mondiale, la production alimentaire mondiale contribue à hauteur de 20 à 30 % de nos émissions de gaz à effet de serre.

Autant dire qu’avec les prévisions de plus en plus cataclysmiques sur le réchauffement, il est temps de faire le tri dans nos aliments. Ca tombe bien, un rapport de chercheurs de l’université Johns-Hopkins (JHU, Baltimore) publié dans la revue Global Environnemental Change, a testé neuf régimes alimentaires pour déterminer quel serait les meilleurs et les plus adaptés à un monde écoresponsable. Comment faire pour avoir des Gretassiettes bien écolos ?

Les protéines animales sont-elles à exclure ?

« Le nerf de la guerre, le premier levier, ce sont les protéines animales. En prenant une moyenne nationale, il faudrait que les Français réduisent de moitié leurs consommations animales », frappe d’emblée Cyrielle Denhartigh. Pas un hasard si les deux régimes que préconise le rapport des chercheurs du JHU s’attaquent directement aux protéines animales. Le premier est un régime à deux tiers végétaliens avec un seul repas omnivore dans la journée. Le second, un régime avec une petite part de protéines animales, toutes issues du début de la chaîne alimentaire (insectes, petits poissons, mollusque), car ce sont les animaux dont le passage à l’assiette consomme le moins de gaz à effet de serre.

C’est bien le problème de nos amis les animaux : ils produisent du gaz à effet de serre, et pas qu’un peu. Et surtout, en continu : « Pour que les protéines animales finissent dans nos assiettes, on consomme du gaz à effet de serre avec la production de l’alimentation des bêtes, surtout dans les élevages industriels qui nécessite des importations et une production de soja avec des engrais non-naturels. Ensuite, la transformation de ces protéines en aliment est extrêmement coûteuse en gaz à effet de serre, sans parler de leur transport et de leur emballage. »

Peut-on demander aux pays en voie de développement de faire une transition dans les assiettes ?

Non, et c’est bien cela que pointe le rapport : on ne peut faire adopter un seul régime pour la planète, tant les disparités sont grandes entre les pays. Si on vient de vous sermonner sur les protéines animales, le rapport recommande d’augmenter la proportion de ces mêmes protéines carnées en Inde par exemple, compte tenu de la malnutrition que connaît ce sous-continent. « Qu’on soit clair, on ne peut pas demander aux pays en voie de développement et dont la population souffre de carences d’opter pour le véganisme », confirme Cyrielle Denhartigh.

Et de toute façon, ces pays n’ont pas grand-chose à se reprocher : « Dans les 13 pays les plus consommateurs de produits animaux, on retrouve la France, les Etats-Unis, l’Australie, etc. Ce sont les pays les plus développés qui ont un rapport anormal à la viande », appuie Cyrielle Denhartigh. « Il faut bien comprendre qu’on ne va pas empirer la malnutrition dans les pays en voie de développement pour sauver la planète alors que ce sont les pays développés qui mangent le plus mal écologiquement ».

J’aime trop mon steak, je ne peux pas faire autre chose pour la planète ?

Cyrielle Denhartigh n’en démord pas : « Le principal levier reste les protéines animales pour les pays développés. » Mais si vraiment vous cherchez d’autres solutions, elle livre deux trois alternatives : « Il vaut mieux prendre des produits " bruts ", animaux ou pas, que des produits transformés. La transformation est très coûteuse en emballage, en énergie et donc en gaz à effet de serre. Egalement, privilégiez le bio, bien moins coûteux en CO2. » Et surtout, ne vous sentez pas obligé de vous péter le bidou à chaque repas : « Dans les pays développés, nos assiettes sont trop remplies, quels que soit les aliments dedans : on mange trop. Trop de sel, de gras, de sucre. Il faut diminuer notre consommation, nous ne sommes pas obligés de manger autant pour être en bonne santé. » Un régime sain pour une planète saine.