Les agents des finances publiques en grève pour dénoncer la « destruction programmée » de leurs missions

MOBILISATION

20 Minutes avec AFP

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Centre des Finances Publiques à Conlie (Sarthe).
Centre des Finances Publiques à Conlie (Sarthe). — GILE MICHEL/SIPA

Trésoreries fermées, rassemblements et manifestations… Face à la « destruction programmée » de leurs missions, les agents des finances publiques étaient en grève, ce lundi, partout en France pour exprimer leur « ras-le-bol ».

Près de 5.800 suppressions de postes sont prévues en 2020, dont 4.800 sur le périmètre de la Direction générale des Finances publiques (DGFip), qui a déjà perdu 40.000 emplois depuis 2002 et devrait perdre un millier de trésoreries sur 1.600, selon l’intersyndicale Solidaires-CGT-FO-CFDT-CFTC.

« Faire toujours plus avec moins »

A Strasbourg, 150 à 200 agents ont défilé symboliquement vêtus de noir derrière un cercueil en carton, en portant des drapeaux ornés de têtes de mort sur lesquels on pouvait lire : « Finances publiques : même plus l’impôt sur les os ». A Lille, dans le Nord, où 64 trésoreries sur 68 doivent fermer, une trentaine de personnes étaient réunies devant le siège de la DGFip du Nord, brandissant une banderole : « Mission, réseau, emplois, Finances publiques sacrifiées, usagers méprisés » tout comme à Marseille, où ils étaient une centaine devant celle des Bouches-du-Rhône.

En Corse, plusieurs dizaines d’agents ont manifesté devant la préfecture d’Ajaccio et celle de Bastia pour défendre le maintien d’un service public de proximité, tandis qu’à Toulouse, une centaine de fonctionnaires ainsi qu’une trentaine d’élus, se sont rassemblés devant la préfecture où ils ont déployé une banderole : « aux Finances publiques, faire toujours plus avec moins, on en a ras le bol ».

« Si une réforme doit s’engager elle doit être partagée »

« C’est la première pierre à ce qu’on espère être une mobilisation d’ampleur pour exprimer le ras-le-bol des agents de façon globale qui subissent à la fois des suppressions d’emplois, des conditions dégradées dans leurs services avec une augmentation de la charge de travail conséquente, en hausse de 40 % rien que pour l’accueil physique du public depuis 2008 », a déclaré Anne Guyot-Welke (Solidaires) lors d’un point de presse de l’intersyndicale Solidaires-CGT-FO-CFDT-CFTC à Paris où un rassemblement doit avoir lieu en début d’après-midi devant Bercy.

« La coupe est pleine et le droit d’expression des agents (environ 104.000 au total à la DGFiP), qui est la grève mais peut prendre d’autres formes, doit s’amplifier pour instaurer un rapport de force car aujourd’hui on est face à un gouvernement qui fait une pseudo-concertation », a-t-elle poursuivi en parlant de « déni de démocratie ». « Si une réforme doit s’engager elle doit être partagée et pour le moment elle ne l’est pas », a-t-elle ajouté, dénonçant « l’absence de tout débat ».

Des fermetures de trésoreries mais des ouvertures de « points de contacts »

Pour Fanny De Coster (CGT), « loin d’avoir fait diminué les files d’attente le prélèvement à la source a, au contraire, augmenté ces files car c’est un changement de méthode de recouvrement de l’impôt mais pas de fiscalité, qui reste très complexe et engendre encore beaucoup de questions chez les contribuables ». La CGT dénonce une « vente à la découpe des services publics » et de la fonction publique, « pourtant au cœur de la vie sociale et démocratique du pays ».

Parallèlement à la fermeture des trésoreries, le gouvernement prévoit de multiplier ce qu’il appelle des « points de contacts », qui ne seront plus des perceptions ou trésoreries mais des permanences périodiques. Pierre Bourgoin (CFDT) s’est déclaré « très inquiet » pour l’ensemble des agents et des missions et face à « des services publics qui risquent de devenir payants ».