Rennes : Un lieu d’accueil ouvre pour aider les ados atteints de phobie scolaire

EDUCATION Les enfants souffrant de ce trouble psychologique n’arrivent plus à aller à l’école

Jérôme Gicquel

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Les élèves souffrant de phobie scolaire sont dans l'incapacité de franchir les grilles de leur établissement.
Les élèves souffrant de phobie scolaire sont dans l'incapacité de franchir les grilles de leur établissement. — CHARLY TRIBALLEAU / AFP
  • Un lieu d’accueil pour les enfants souffrant de phobie scolaire va ouvrir ses portes lundi à Rennes.
  • Ce trouble psychologique encore assez méconnu entraîne souvent une déscolarisation.
  • Deux mamans témoignent de la souffrance que la phobie scolaire occasionne chez leurs enfants.

L’école est pour eux synonyme d’angoisse et de souffrance. Une épreuve si difficile qu’il leur est impossible de franchir les grilles de leur établissement scolaire. Ces jeunes sont atteints de phobie scolaire, un mal qui toucherait selon les études entre 1 à 5 % des enfants de 12 à 19 ans scolarisés. Pour beaucoup, cela conduit bien souvent à une déscolarisation. Une décision lourde à prendre pour les parents, d’autant que ce trouble psychologique reste encore tabou et assez méconnu.

Pour lutter contre l’enfermement de ces adolescents, contraints de suivre les cours à distance, un lieu d’accueil va ouvrir ses portes lundi à Rennes. Baptisé Z-Lab, il accueillera une douzaine de collégiens et de lycéens de la région sur le temps de l’école. « L’enjeu n’est pas tant scolaire, mais plutôt que ces jeunes reprennent confiance pour envisager, peut-être un jour, un retour à l’école », souligne sa cofondatrice Sophie Andréo.

« Je déposais ma fille en pleurs devant l’école »

Cette mère de famille est confrontée depuis quelques années à la phobie scolaire développée par son fils aîné de 15 ans. « Au collège, il somatisait beaucoup, raconte-t-elle. On recevait souvent des appels pour nous dire de venir le chercher à l’infirmerie. Il a été souvent absent pendant trois ans et un jour, l’an dernier, pour son entrée en seconde, il nous a dit stop. Il n’était plus capable d’aller à l’école ».

Mère d’une fille de 16 ans, Véronique a aussi connu cette situation. « Il y avait de petits signes au début, comme des vertiges ou des maux de ventre, témoigne-t-elle. Et puis c’est monté crescendo. Plusieurs fois, j’ai déposé ma fille en pleurs devant le collège, c’était très dur à vivre. On a décidé de tout arrêter quand elle est arrivée au lycée. Je ne pouvais pas la forcer à y aller alors qu’elle souffrait ».

Un trouble psychologique pas bien perçu

En plus de cette épreuve familiale, les parents doivent aussi souvent supporter les remarques des proches. « La société ne comprend pas bien pourquoi ces enfants ne vont pas à l’école. Leurs parents sont du coup accusés d’être trop permissifs ou laxistes », indique Anne Primault, cofondatrice de Z-Lab et psychologue.

A partir de lundi, les élèves de ce lieu d’accueil feront donc leur rentrée deux semaines après leurs camarades. Au programme de leur journée : des cours mais aussi de l’art-thérapie, des ateliers de méditation ou des sorties sportives et culturelles. « Il y a l’idée de créer du lien entre ces jeunes qui sont désocialisés. On pense qu’entre eux, ils vont pouvoir s’aider mutuellement et apaiser ainsi leurs angoisses », espère Sophie.