Un projet de mémorial de la Shoah sur la place Carnot lancé à Lyon

MEMOIRE Ce projet de mémorial de la Shoah, voulu en forme « d’œuvre d’art », a été présenté ce vendredi à Lyon

Elisa Frisullo
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Vue de Lyon.
Vue de Lyon. — Konrad / Sipa
  • Un projet de mémorial de la Shoah a été lancé ce vendredi à Lyon.
  • Il devrait être édifié sur la place Carnot, près de la gare de Perrache, d’où partaient les convois de déportés.
  • Un appel à parrainages et aux dons a été lancé par l’association portant ce projet destiné à perpétuer le devoir de mémoire.

Capitale de la Résistance, Lyon compte de multiples lieux de mémoire des victimes de la barbarie nazie, plaques et stèles rappelant le rôle joué par la cité au cours de la  Seconde Guerre mondiale. Mais pour l’heure, aucun monument mémoriel  de la Shoah. Ce pourrait être chose faite prochainement.

Alors que la France et la ville célèbrent en ce mois de septembre les 75 ans de la Libération, un projet d’édification à Lyon d’un mémorial de la Shoah a été présenté ce vendredi à Lyon. Pour le porter, une association a été créée. Elle regroupe des acteurs locaux, des représentants de rescapés juifs et non juifs, l’Amicale des déportés d’Auschwitz et des camps de Haute-Silésie, l’association des fils et filles de déportés juifs de France et le CRIF Auvergne Rhône.


Dans les prochains jours, un concours national devrait être lancé pour « mettre en compétition l’imagination de grands artistes » pour réaliser ce mémorial qui sera installé place Carnot, à deux pas de la gare de Perrache. Un lieu hautement symbolique. « Perrache était le lieu de départ des convois de déportés vers les camps de concentration et d’extermination », a rappelé le président de l’association et procureur honoraire Jean-Olivier Viout, qui, lors du procès Barbie, était le jeune adjoint du procureur général.

Un appel aux dons

C’est de cette gare que le 11 août 1944 le dernier convoi a quitté Lyon, conduisant 750 personnes emprisonnées à Monluc et à la prison Saint-Paul vers les camps. « Ce mémorial sera la traduction de nos idéaux égalité, liberté, fraternité, du respect de la vie humaine et de notre détermination pour les temps présents », a souligné le maire de Lyon Gérard Collomb, parmi les premiers soutiens de ce projet qui n’est porté par aucun élu mais vise à les mobiliser.


Un appel aux parrainages et aux dons a été lancé ce vendredi officiellement pour que chacun puisse soutenir ce projet, voulu comme « une œuvre d’art significative », a souligné Jean-Olivier Viout. « Il s’érigera telle une vigie à l’adresse des passants, des générations futures contre les populismes rampants qui pourraient conduire à une nouvelle peste brune », a ajouté Nicole Bornstein, présidente du CRIF Auvergne Rhône-Alpes, rappelant la nécessité du devoir de mémoire « en ces temps de violence auxquels nous sommes confrontés […] face à la montée en puissance de l'antisémitisme ».

Une urgence à se souvenir, témoigner et transmettre, illustrée par Jean-Olivier Viout citant Elie Wiesel, écrivain juif ayant survécu à la Shoah. « L’ennemi tue deux fois. La seconde en essayant d’effacer la mémoire de ses crimes ».