Le siège de la RATP à Paris. (illustration)
Le siège de la RATP à Paris. (illustration) — Mario FOURMY/SIPA

VENDREDI NOIR

Grève à la RATP : Le service minimum, en fait, ça n’existe pas vraiment

La RATP doit faire avec les effectifs qu’elle a, sans réquisitions possibles, et se concentre donc sur les heures de pointe, autant que faire se peut

La journée s’annonce noire, vendredi, à Paris et dans une partie de l’Ile-de-France. Les syndicats de la RATP appellent à la grève pour défendre le régime spécial de retraite des agents de l’entreprise. La direction a déjà annoncé que 10 des 16 lignes de métro seront totalement fermées, et les autres extrêmement perturbées. Ça ne sera pas beaucoup mieux pour les bus et les tramways.

Mais où est donc passé le fameux « service minimum dans les transports », annoncés à grand renfort de communication au tout début du mandat de Nicolas Sarkozy ? En fait, il est bien là… mais il ne se voit pas beaucoup. D’après la RATP, la loi de 2007 « permet à l’autorité organisatrice [la RATP, donc] de définir, en fonction de l’importance de la perturbation, un niveau minimal de service tenant compte des dessertes prioritaires ». Mais, pour protéger le droit de grève, sans réquisition de personnels qui se sont déclarés grévistes.

« Service prévisible »

La RATP a donc ciblé « les heures de pointe, pour les lignes où les effectifs le permettaient (RER A et B, L4, 7, 8, 9), en déployant l’ensemble des ressources disponibles ». C’est là le principal intérêt de la loi de 2007 : obliger les personnels d’exploitation à se déclarer gréviste 48h à l’avance pour que la RATP puisse annoncer des prévisions, et que les usagers et usagères ne se retrouvent pas le bec dans l’eau le matin de la grève.

Parler donc de « service minimum » paraît donc presque abusif. Il s’agit plus d’un « service prévisible ». Valérie Pécresse, la présidente de la région Île de France, et quelques autres élus de sa majorité, ont d’ailleurs demandé qu’on aille plus loin que la loi de 2007. Mais le service minimum, « on n’y est opposé, ça déséquilibre le rapport entre les travailleurs et les patrons. Une négociation, c’est un rapport de force. Sans la grève, le patron ne prend plus la peine de négocier », estime Bertrand Hammache, secrétaire général de la CGT RATP, qui appelle à la grève vendredi.

Service minimum 3.0

Plus surprenant et plus inédit, la direction de la RATP a annoncé des partenariats avec différentes start-ups du domaine des transports urbains. Ainsi, les clients et clientes de la RATP vont pouvoir bénéficier de tarifs avantageux vendredi pour se déplacer en trottinette électrique, VTC, ou pour payer leur parking s’ils ou elles décident de prendre leur voiture pour se déplacer.

Une sorte de service minimum 3.0 ? « C’est évidemment un moyen de contourner de la grève, juge Bertrand Hammache. Mais c’est surtout une question d’image, pour redorer le blason de l’entreprise et contribuer quand même aux déplacements pour cette journée. Mais ça ne suffira pas. »